Le chercheur et universitaire spécialisé en développement et management, Houcine Rhili, est revenu ce jeudi 12 février 2026 sur les importantes quantités de déchets plastiques rejetées par la mer ces derniers jours à la suite des perturbations météorologiques. Dans une déclaration à Tunisie Numérique, il a indiqué que les déchets ramenés à la surface après la tempête Hari, le long des côtes orientales — de l’extrême nord de Bizerte jusqu’au golfe de Gabès — étaient « essentiellement plastiques ».
La Méditerranée, particulièrement exposée à la pollution plastique
Rhili a expliqué que la majorité de ces déchets sont constitués de plastique, rappelant que la mer Méditerranée, sur ses rives nord comme sud, figure parmi les espaces maritimes les plus exposés à ce type de pollution. Cette situation s’explique notamment par l’afflux de millions d’estivants durant la saison estivale, ainsi que par la lente décomposition du plastique.
En effet, ce matériau peut persister entre 400 et 800 ans sans se dégrader complètement, surtout lorsqu’il se trouve dans un environnement humide et peu exposé au soleil. Même lorsqu’il se fragmente, le plastique ne disparaît pas pour autant, a-t-il précisé.
Des conditions météorologiques exceptionnelles
L’expert a souligné que les récentes inondations et la hauteur des vagues — ayant atteint jusqu’à 11 mètres sur les côtes tunisiennes, un phénomène rarement observé — ont permis à la mer d’effectuer une forme d’« auto-nettoyage ». Les déchets rejetés proviendraient principalement des activités humaines : vacanciers, trafic maritime ou encore embarcations liées à la migration irrégulière, opérant sur un vaste axe allant de Tanger jusqu’à l’est de la Méditerranée.
Collecter et recycler pour éviter un retour à la mer
Rhili a insisté sur la nécessité de collecter rapidement ces déchets et de les recycler, en s’appuyant sur des études menées en partenariat avec des entreprises spécialisées. L’objectif est d’éviter que ces détritus ne demeurent sur les plages avant d’être emportés à nouveau par les eaux.
Une menace pour la biodiversité marine
Le spécialiste des ressources en eau a également alerté sur l’impact majeur du plastique sur les écosystèmes marins. Les tortues, par exemple, ingèrent fréquemment des sacs plastiques, tandis que de nombreuses espèces de poissons — y compris les plus petites — ainsi que les herbiers marins sont affectés par cette pollution.
Microplastiques : un risque croissant
Selon Rhili, la localisation des déchets dépend de leur taille et de la nature des courants marins : ils peuvent s’accumuler entre les rochers, au sein des herbiers ou dans des zones calmes comme le golfe de Gabès. Il estime toutefois que cet épisode représente une opportunité pour débarrasser la mer d’une partie de ces matériaux.
Même après une longue période en mer, le plastique finit par se fragmenter en microplastiques, des particules qui suscitent de vives inquiétudes à l’échelle internationale, notamment en raison de leurs liens potentiels avec les emballages alimentaires et les bouteilles d’eau. De nombreuses études sont en cours pour mieux comprendre leurs effets, a-t-il conclu.
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