Politique

Tunisie – Pourquoi serait-on en train de pousser vers le scénario égyptien ?

D’aucuns s’étonnent de voir la position des dirigeants des partis au pouvoir durcir et se radicaliser de plus en plus chaque jour, et notamment, suite aux derniers évènements qui ont secoué l’Egypte, et qui vont continuer à la secouer les jours qui viennent.

Nombreux ont été déçus, voire étonnés des dernières déclarations de certaines parties politiques. Elles ont, en effet, paru obstinées à poursuivre dans l’escalade envers et contre tout et tous, au risque d’emmener le pays dans une guerre civile fratricide, comme celle qui se passe de nos jours en Egypte.

Car ce qu’ont semblé retenir certaines parties, du drame égyptien, ce n’est pas le résultat déplorable de l’entêtement et l’escalade opérés par les frères. Ce n’est pas, non plus, le fait que les dirigeants du parti des frères en Egypte aient envoyé à la mort des centaines de pauvres citoyens, parmi lesquels nombreux étaient de leurs propres rangs.

Ce que ces parties donneraient l’air d’avoir retenu, c’est que les frères égyptiens ont très bien su gérer leur partie du scénario qui avait été décidé, lors de la réunion d’Istanbul, juste après la destitution de Morsi (voir notre article du 29 juillet 2013), et qu’ils ont si bien su tirer profit de cette situation de chaos qu’ils ont eux-mêmes provoqué, pour paraitre devant l’opinion internationale, en position de victime, et faire porter à l’armée égyptienne l’habit du bourreau sanguinaire. Ils seraient allés jusqu’à tuer de leurs propres mains quelques uns des leurs, pour crier au massacre. Et à partir de là, ils se sont mis à chialer et à ameuter le monde entier en criant à la « contre révolution », et au retour de la tyrannie militaire qui risquera de mettre en péril le souci numéro un des occidentaux dans la région, à savoir, la sécurité d’Israël. Et le coup semble marcher, car il faut prendre en considération que l’opinion internationale avait été préparée à cette situation et avait été si habilement manipulée par les outils qui avaient été décidés lors de la réunion d’Istanbul.

Il resterait donc aux acteurs tunisiens de s’acquitter de la partie du scénario qui leur aura été dévolue, n’oublions pas qu’ils sont redevables au réseau mondial de la confrérie des frères. Il ne serait donc, aucunement question pour ces parties de prôner l’apaisement, même pas en apparence. Il leur faudrait, au contraire jouer à fond l’escalade. Il faudrait pousser les citoyens vers leurs limites. Il faudrait, pendant qu’on y est, narguer et provoquer l’armée, en lançant des réflexions du type « il n’y a pas de Sissi en Tunisie », qui sonnerait presque comme « il n’y a pas de mâles capables dans l’armée tunisienne » ! Il faudrait aussi, penser à humilier la puissance centrale syndicale en envoyant paître ses dirigeants et en claquant à leur nez la porte du dialogue, histoire de lui faire perdre un peu de sa crédibilité…

Le but serait d’essayer de pousser les différents protagonistes à désespérer d’une quelconque issue politique ou pacifique et se lancer dans une guerre civile sans merci. Il est évident que ces parties ne pourront pas espérer gagner une guerre des rues en Tunisie, surtout maintenant quand leur popularité sombre dans des gouffres sans fond, et où les mannes financières sont (presque) taries. Mais cela n’est pas l’essentiel. Ces parties vont perdre les combats des rues, qu’à cela ne tienne, elles ont bien l’exemple égyptien devant les yeux. Le but ultime serait de faire, justement comme en Egypte, endosser aux forces armées (la police, en l’occurrence, pour la Tunisie), l’habit du répresseur sanguinaire des printemps, et faire miroiter le spectre du retour à la tyrannie. Et même si la police ne voulait pas rentrer dans ce jeu, il serait toujours possible de faire jouer les figurants, ou même faire intervenir les fameux snipers. Et, encore une fois, ces parties pourraient à témoin l’opinion internationale, qui, encore une fois, guidée par une ou deux puissances occidentales, s’empresserait de condamner.

Et là, ce serait, probablement, la fois de trop. Et il y aurait, éventuellement recours aux instances onusiennes pour orchestrer une intervention, sur le modèle de celle de l’Irak, en vue de rétablir « la légitimité ».

Mais ce scénario qui semble, pourtant, infaillible n’aura pas pris en considération une chose, qui est d’une grande importance, celle que l’armée égyptienne était au courant du scénario, et qu’elle a, en conséquence, pris ses dispositions pour filmer, parfois même du ciel, toutes ses interventions, pour pouvoir faire la preuve de l’implication des frères dans la majorité des meurtres par les quels s’est soldée leur intervention.

Reste à savoir si ces arguments vidéo, sauront faire le poids devant la machine médiatique qui avait été mise en branle par les instigateurs du scénario, pour tout mettre sur le dos de l’armée

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