Tunisie – Procès des Femen : La France hausse le ton

« Paris ne peut que regretter la sévérité de la peine rendue mercredi par la justice tunisienne à l’encontre de trois activistes européennes du groupe Femen, dont deux Françaises, condamnées à quatre mois de prison ferme pour avoir manifesté seins nus à Tunis. Alors que nous espérions une mesure de clémence, nous ne pouvons que regretter la sévérité de cette peine »

C’est par ce communiqué bref et sec, publié par AFP, que le ministère français des affaires étrangères a commenté le verdict qui vient de tomber contre les femen jugées en Tunisie, dont deux sont de nationalité française. La France tenait, donc, non seulement, à affirmer ses regrets, mais aussi à témoigner de son étonnement de la réponse tunisienne à la requête de clémence émise auparavant par Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a elle aussi regretté «  la sévérité de la justice tunisienne », et précisé que les deux militantes françaises continueraient à bénéficier de la protection consulaire en Tunisie. Une façon à la limite de la diplomatie du discours pour dire que la France prend désormais le parti de ses ressortissantes, contre (donc obligatoirement) le gouvernement tunisien.

Les avocats des Femen, Patrick Klugman et Yvan Terel, ont eux aussi, exprimé leur « consternation » et précisé que leurs clientes feraient appel. Ils ont également promis de renforcer la mobilisation internationale, faisant allusion à la visite prévue de François Hollande, à Tunis début juillet.

Bref, les évènements commencent à prendre une tournure d’incident diplomatique, et laissent présager de sérieux remous dans les relations entre les deux pays. Chose qui ferait certainement le bonheur de quelques uns qui ont toujours rêvé de « casser » les liens de la Tunisie avec son environnement méditerranéen pour  l’orienter vers le marché du golfe.

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