Tunisie – Quand Ghannouchi est poussé par ses enfants vers La Kasbah alors qu’il sait qu’il en est incapable

En écoutant les propos du dirigeant au sein d’Ennahdha, ce lundi, El Ajmi Ourimi qui reconnaissait l’existence de deux courants au sein d’Enahdha qui ont des avis différents, voire opposés, concernant la présidence du prochain gouvernement par Rached Ghannouchi en personne, on comprend bien que les vents de la discorde commencent à souffler dans le temple bleu et que le spectre des scissions commence à tournoyer autour de Mont plaisir.

Bien que Ladjimi ait présenté cette « affaire », comme étant des divergences d’avis simples et qui existent dans toutes les familles politiques, on devine que c’est bien plus profond et qu’il s’agit, justement, d’une affaire de famille, mais pas de famille politique.

Car ce que Ladjimi s’est tenu de préciser c’est que les deux courants qui s’opposent à Ennahdha au sujet de la présidence du gouvernement par Ghannouchi sont la famille du Cheikh, notamment, ses enfants et le reste du parti.

En effet, d’un côté, il y a le parti avec ses différentes structures et courants qui sont d’avis que Ghannouchi prenne les commandes de l’ARP. Sachant que les nahdhaouis ont toujours considéré que le vrai pouvoir se trouve au Bardo. Par ailleurs, ils pensent que la présidence de l’ARP est assez reposante, aussi bien physiquement, pour le Cheikh, qui n’est plus tout à fait en forme, que politiquement. Car, en tant que président de l’ARP, il n’aura de comptes à rendre à personne et ne pourra pas être considéré comme responsable d’un très  probable échec du prochain gouvernement.

De l’autre côté, il y a sa famille, au sens propre du terme et plus précisément sa fille et son fils, qui sont en train de tout faire, pour le pousser à prendre la présidence du gouvernement. Probablement mus par l’avidité du pouvoir et par l’attrait des intérêts qu’ils pourraient en tirer. C’est ainsi que ses propres enfants seraient en train de tout faire pour convaincre le Cheikh de prendre les commandes à La Kasbah, avec tout le risque politique que çà engage pour sa personne et pour son mouvement. L’objectif pour eux étant uniquement de se trouver au milieu du cercle du pouvoir et de la décision, avec ce que cela pourrait générer comme bénéfices.

Décidément il aurait été écrit quelque part que la Tunisie soit le « joujou » des familles de ses leaders. cela a commencé par les rixes entre les tunisois de Wassila et les compagnons de Bourguiba, puis par la main mise de Saïda Sassi et compagnie, en passant par les Tarbelsi, du temps de Ben Ali, sans oublier les aspirations de la femme de BCE et de son fils, pour arriver à l’irrésistible envie des enfants de Ghannouchi de profiter du règne de leur père.

Pourtant l’expérience a montré qu’en politique, lorsque la famille y met son nez… çà commence à sentir le roussi !

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