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Tunisie – Quelle mouche a piqué Béji Caïed Essebsi ?

Tunisie – Quelle mouche a piqué Béji Caïed Essebsi ?

Beji Caïed Essebsi, a livré une interview au « Maghreb », ou plutôt, il s’est livré au Maghreb. Et de quelle manière !

Il s’est livré d’une manière digne d’un débutant, emporté par un engouement nouveau et qui se serait laissé déraper sous le rythme imperturbable des questions « assénées » par un journaliste, à la limite pervers, qui a vite fait de le mener là où il voulait.

En effet le journaliste du « Maghreb », en l’occurrence, le « Maître » Zied Krichen, a assez facilement, mené Béji Caïed Essebsi dans le coin du ring, en le forçant à sortir des coups sous la ceinture et autres coups interdits dans le « noble art », pas de la boxe, mais plutôt, de la politique.

En effet, poussé par des questions, parfois directes et parfois détournées, BCE a vite fait de se démonter de sa réserve habituelle qui avait fait sa réputation de vieux loup de la politique, en se retournant contre ses alliés « d’un jour », à savoir Ahmed Nejib Chebbi et Ahmed Ibrahim.

Il a déclaré à Krichen, qu’il était le seul instigateur des efforts d’union entre les différents partis de l’opposition, et que tout ne peut se faire qu’autour de lui, accessoirement, de son parti. Et il a affirmé sa volonté de mener à sa guise cette « épopée » de sauvetage de la démocratie.

Nul ne pourra, en effet, prétendre avoir eu cette idée, et nul ne pourra, un jour lui voler ce mérite !

Il semblait dans ses répliques à Krichen, sûr de lui, à la limite, arrogant, vis-à-vis de ses « associés ». Il se dit investi d’une noble mission, et celui qui voudrait se joindre à lui serait parmi les vainqueurs, et tant pis pour celui qui se rebifferait et voudrait quitter le navire.

Il a dit ne plus savoir qui dirigeait au sein du Jomhouri, il attend donc impatiemment de connaître la prise de position définitive du parti. Mais il attendrait, uniquement pour savoir s’il doit leur réserver un quelconque rôle dans « l’entreprise ». Il est allé jusqu’à prétendre que c’est lui qui avait renforcé les rangs du Jomhouri par « ses » fidèles parmi les ex-ministres qui ont travaillé avec lui.

Quant à l’autre allié, il a eu la « politesse » de le taxer de « demi portion », en rappelant qu’il valait pour lui 0,6% dans les intentions de vote, faisant allusion au faible poids électoral du Massar.

Donc, en définitive, ses deux « Ahmeds » ne semblent plus faire le poids devant la machine infernale qu’il a su créer, à lui tout seul, et qui semble, selon lui, lancée de façon imperturbable vers la victoire finale.

Pour se conforter dans cette vision, BCE fait allusion aux sondages qui le donnent vainqueur sur plusieurs fronts. Pourquoi devrait-il donc partager le gâteau avec quiconque ?

Et puis, c’est quoi cet entêtement du Jomhouri à vouloir absolument présenter Ahmed Najib Chebbi comme candidat de la coalition à la présidence de la république ? C’est, à son avis, un signe d’immaturité pour faire parti de cette coalition.

Il est donc hors de question pour lui de lâcher quoi que ce soit à ses alliés, au risque de les voir changer de camp ! D’ailleurs, il ne serait pas si étonné que ça si Chebbi n’ait pas déjà rallié le clan d’Ennahdha ! Décidément, la confiance règne des deux côtés.

Bref, c’est une interview qui va être très lourde de conséquences, en imaginant que, aussi bien Ahmed Néjib Chebbi qu’Ahmed Ibrahim et que d’autres éventuels alliés, sont actuellement forcément en train de revoir de fond en comble leur stratégie vis-à-vis de cet « allié gargantuesque ». On ne serait pas étonné outre mesure de voir les prochains jours, un malaise au sein même des membres de Nidaa Tounes devant cette tendance trop expansionniste de leur leader !

Alors, s’agit-il d’un dérapage témoignant d’un esprit totalitaire que Si El Béji n’arrive plus à masquer, renfloué qu’il est, par des résultats de sondages d’opinion tous plus ou moins contestables ? Ou alors, s’agit-il du résultat de la fourberie hors norme d’un journaliste hors paire qui a su faire parler un vieux routier aussi endurci que BCE ? De toutes les manières, il est à craindre que le mal soit déjà fait et que cette déclaration sonne le glas de la coalition des forces démocrates qui aura, finalement, abouti à un mort-né !

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