Tunisie – Qu’est ce qui fait tant trembler Ennahdha ?

Les islamistes d’Ennahdha sont aux abois. Ils sont affolés et ils n’arrivent plus à cacher cet état. Leurs interventions, leurs réactions et surtout, les concessions qu’ils sont en train de faire témoignent, tous, de cet affolement.

Ce qui fait tant peur aux islamistes d’Ennahdha, ce n’est pas tant les attaques qui sont en train de les cibler et de cerner leur président Rached Ghannouchi, par les représentants de la classe politique qui leur est devenue, franchement, hostile. Car, à Ennahdha, ils prétendent savoir ce qu’ils ont à faire avec ces hommes et femmes politiques pour les faire taire, voire même, les rallier à leur cause. Ils connaissent les objectifs de chaque parti et même, de chaque personnalité, et du moment qu’ils sont en pleine série de concessions, ils pourraient très bien faire quelques une de plus, pour recadrer tout ce beau monde. Donc, ils sont sereins sur ce plan là et ce ne sont ni ceux qui prétendent pouvoir les déloger du pouvoir avec leur sit-in, ni ceux qui sont en train de s’organiser sous le dôme du Bardo, avec l’espoir de retirer la confiance à leur cheikh, qui pourraient les déranger outre mesure et être la cause de leur désarroi.

Par contre ce qui leur fait vraiment peur, ce sont les mouvements spontanés, non encadrés avec lesquels ils ne savent pas se comporter, car ne sachant pas quelles bouches ils devraient faire taire.

Ces mouvements sociaux vont inéluctablement, se multiplier, devenir de plus en plus agressifs et de plus en plus extrêmes. A Ennahdha, ils savent que cette fois-ci c’est sérieux. Ils comprennent que les gens sont affamés, réduits à la misère et qu’ils ne comptent plus se laisser faire sans défendre ce qu’ils estiment comme leurs droits. Cette grogne sociale commence à devenir évidente çà et là, avec la multiplication des protestations, entre autres, de gens qui arrivaient, jusqu’à dernièrement, et malgré tout, à  s’en sortir tant bien que mal, mais que depuis la crise du Covid, ils se sont retrouvés au chômage, affamés et ne pouvant même plus subvenir aux besoins basiques de leurs familles. Et çà, les tunisiens ne sauraient le souffrir.

Ce qui devait être pris pour un exploit d’Ennahdha, en ce qui concerne la gestion, tambours battants, de la crise du cCovid par le général Abdellatif Makki s’est, paradoxalement, mué en une déconfiture et une raison de mécontentement et de grogne sociale contre le même parti, puisqu’il s’est imposé, grâce au show du ministre de la Santé, comme principal responsable de ce qui arrive et donc, tenu pour responsable de ce qui se passe.

Ce genre de mécontentement et de grogne sociale, Ennahdha ne sait pas le gérer et, surtout, n’en connait que trop les risques, puisque de simples mouvements spontanés, çà et là, sont venus à bout du régime de Ben Ali. C’est d’autant plus difficile à gérer quand il n’y a pas de parti ou de personnalité politique derrière.

C’est pour cette raison qu’Ennahdha panique. Elle est effrayé à un point que les leaders du parti ont fait passer le mot d’ordre à leurs représentants dans les régions, pour les tenir au courant du moindre détail à ce sujet. Oui, mais, pourquoi veulent-ils en être informés à temps? Puisqu’ils ne sont pas outillés pour y faire face? Ou alors sont-ils en train de se préparer pour éviter que le piège ne se referme sur eux, comme cela s’est passé avec les membres du clan Trabelsi ?

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