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Tunisie – Qu’est ce qui ne marche pas dans la gestion de la crise du covid ?

Tunisie – Qu’est ce qui ne marche pas dans la gestion de la crise du covid ?

Les résultats sont là, éloquents par leur gravité, et nul ne pourrait nier que l’Etat, après avoir réussi un premier round face à l’épidémie, a subi un camouflet de taille et que sa mauvaise gestion a conduit à un véritable désastre.

Nous sommes, à ce stade de l’évolution de la maladie, en droit d’exiger des réponses à plusieurs questionnements et, le cas échéant, demander des comptes aux responsables, en cas de défaillances flagrantes.

En effet, en plus des erreurs manifestes du gouvernement, en rapport avec, notamment, la décision de la réouverture des frontières, sans s’être prémuni des mesures d’accompagnement, il faut bien se pencher sur la façon de gérer de la crise par le ministère de la Santé, comme étant le premier département impliqué dans la lutte contre la pandémie.

A ce niveau, force est de reconnaitre que les défaillances existent, à plusieurs niveaux.

Des défaillances au niveau de l’infrastructure, insuffisante, certes, dès le début, mais on peut reprocher au ministère de la Santé de n’avoir pas profité de la « trêve » entre les deux vagues de l’épidémie pour se ressaisir et corriger ce manque.

Des défaillances au niveau de l’équipement avec un manque patent mais, aussi, avec une absence de volonté ou d’aptitude à corriger la situation en ayant opté pour des achats déplacés et mal étudiés, malgré la mobilisation de millions de DT, par le gouvernement et par la société.

Des défaillances au niveau des ressources humaines avec d’un côté, un manque incontestable de personnel et d’un autre un mauvais déploiement de l’existant, mais aussi un refus de la part de certains professionnels de travailler dans ce contexte de risque. Pour ceux qui travaillent, on ne peux que déplorer un manque de protection et de soutien, ce qui fait que le mal qu’il fallait, à tout prix éviter, arriva. Le système de santé a été touché par la maladie mais aussi par des capacités de riposte hypothéquées.

Des défaillances au niveau de l’achat et de la distribution des médicaments qui viennent à manquer cruellement, ainsi que les dispositifs et équipements, comme les masques de protection qui  achetés en quantités insuffisantes et, parfois, ne répondant pas aux normes internationales.

Des défaillances dans la gestion des tests de dépistage lors de leur achat et dans la stratégie de leur usage, ce qui a privé le pays d’effectuer une véritable opération de dépistage en masse pour évaluer la situation épidémiologique réelle.

Des défaillances dans la stratégie de communication, avec les derniers mois, une quasi absence de renseignements et, surtout, de communiqués concernant l’évolution de la situation.

Tous ces manquements ne constituent que la partie émergée de l’iceberg, car il ne s’agit que des détails qui sont dévoilés au grand public et ne montrent pas ce qui se passe dans les coulisses du ministère de la Santé.

De telles insuffisances doivent, obligatoirement, faire au moins l’objet d’enquêtes sérieuses, pour déterminer les responsabilités et ce qui n’a pas marché.

Il suffirait d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe sous d’autres cieux, par exemple en France où l’Etat n’a pas hésité à ouvrir une enquête et à mener une perquisition aux domiciles de l’ex Premier ministre et de l’actuel ministre de la Santé et de ses hauts cadres, pour savoir s’il n’y a pas eu des insuffisances sans la gestion de la crise de la Covid par les services publics.

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