Politique

Tunisie – Rached Ghannouchi se lance (officiellement) pour les présidentielles de 2019 ?

Présentée comme un simple entretien avec la presse, l’interview du président du mouvement islamiste tunisien, Rached Ghannouchi, ce soir sur  Nessma TV, semble, plutôt, avoir donné le top départ de sa campagne électorale pour les présidentielles de 2019.

Tout concorde pour confirmer cette option, à commencer par le look arboré par le Cheikh, qui  a coupé avec sa traditionnelle tenue désinvolte, et sa barbe mal soignée, pour apparaître sur le plateau de Nessma TV, en costard cravate. Un costard de la même couleur que ceux de Béji Caïed Essebsi, une cravate soigneusement nouée. Une façon de se montrer dans la peau d’un président de la République. D’ailleurs, il ne fallait pas être devin pour le comprendre, puisque Lotfi Zitoun, lui-même, a confirmé le sens de cette tenue insolite du Cheikh, en assurant qu’il s’agissait d’un pas fait par le Cheikh, pour assurer le passage entre son statut de chef de secte, vers celui d’homme d’Etat.

Autre signe qui ne trompe guère. C’est quand le Cheikh, non content d’avoir renié ses liens (de sang) avec la confrérie internationale des frères musulmans, dès lors qu’ils ont été étiquetés de terroristes, ne le voilà-t-il pas qu’il renie jusqu’à appartenir au courant de l’Islam politique, prétendant être à la tête d’un parti politique progressiste et tout à fait civique.

D’ailleurs, le Cheikh, au cours de son apparition télévisée, n’a guère caché ses ambitions, dans la mesure où il ne s’est pas retenu de « liquider » un éventuel concurrent qui risquait de lui faire de l’ombre, Youssef Chahed, en l’occurrence, en lui intimant ouvertement, et en public, d’annoncer solennellement, qu’il n’a aucune intention de se présenter aux présidentielles de 2019, prenant exemple sur ce qu’ils avaient, il y a trois ans, mis sur le dos du chef du gouvernement d’alors, Mehdi Jomaâ, de vouloir se présenter aux présidentielles de 2014, ce qui avait, a précisé le Cheikh, bouleversé le travail du gouvernement. Aussi Ghannouchi n’a pas hésité à demander à Youssef Chahed d’annoncer qu’il renonçait à toute carrière politique et de se contenter de préparer les échéances électorales, et d’essayer de corriger la situation économique du pays, comme on le lui avait demandé. Sinon, a-t-il ajouté, il serait tenté de croire que la guerre que dirige Chahed contre la corruption n’est en réalité qu’une mise en scène qui s’intégrerait dans le cadre d’une campagne électorale avant terme.

Au total, une sortie médiatique du Cheikh qui risque de tout chambouler, et de tout remettre en question sur la scène politique du pays, à commencer par le chef du gouvernement qui sait, désormais, qu’il sera obligé de faire cavalier seul, face à tout le monde, et à finir par la sacro-sainte coalition tout aussi sacrée que contre nature entre les deux Cheikhs et leurs partis respectifs. Car il n’est guère correct de se lancer dans une campagne qui vise la succession de son allié qui n’en est qu’à la moitié de son mandat. A moins que… A moins que Rached Ghannouchi ne faisait, ce soir, Comme semblent l’avoir compris de nombreux observateurs, au moment de sa sortie télévisée, que transmettre les désirs de l’autre Cheikh qui ne voulait, ou ne pouvait pas, dire tout çà, tout seul. Car il ne faudrait pas perdre de l’esprit qu’il y a, aussi, BCE, qui est « embêté » par les ambitions à peine voilées de son poulain. Sinon, il faudrait croire ce que disait un expert, pas plus tard qu’aujourd’hui sur les médias, en annonçant que Rached Ghannouchi sera président en 2019, conformément à un accord conclu avec BCE, depuis 2014.

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