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Tunisie – Samira Maraï, une ministre complètement déconnectée de la réalité ?

C’est la foire totale dans le département de la santé. Rien n’y marche comme il le faut. Des médecins qui sont en grève… Des infirmiers, eux aussi, en grève… Un médecin réanimateur en prison… Un infirmier, également, en prison… Des médecins qui démissionnent par paquets… Les autres qui ne le font pas, vivent la peur dans le ventre… Les personnels des hôpitaux se font tabasser… Les services de pédiatrie et de cardiologie de l’hôpital de Kairouan saccagés, vandalisés… Et la réaction de la ministre de la santé face à tout cela… « Circulez ! Y’a rien à voir ! », qu’elle semble dire.

En effet, en ce weekend qui clôt une semaine particulièrement mouvementée dans le département de santé, la ministre de la santé, Samira Maraï nous sort une réponse digne des autistes les plus profondément touchés.

Après les mouvements de grève des médecins et du personnel paramédical, en protestation contre la peine de prison à laquelle avaient été condamnés un médecin réanimateur et un technicien de la santé, à Gabes, pour un crime qu’ils n’ont pas commis, de l’avis de la commission d’experts désignée par le ministère… Après les grèves et sit-ins des personnels para médicaux dans les différentes régions pour protester contre l’insécurité et l’absence de textes de loi les protégeant, de même que le non-respect par le ministère de ses engagements vis-à-vis de son personnel… Après le saccage des services de pédiatrie et de cardiologie de l’hôpital de Kairouan, par des usagers enragés, avec prise en otage des personnels y exerçant… Avec un hôpital universitaire à Sfax qui reste obstinément hors de tout contrôle de la part du ministère, où une poignée de syndicalistes fait la loi… Après la multiplication des appels de détresse envoyés sur les réseaux sociaux de la part des professionnels de la santé, qui n’ont pas trouvé d’autres moyens de communication avec leur ministre, et qui se plaignent de travailler dans des conditions lamentables, avec trop peu de moyens, du matériel inexistant ou hors d’usage, avec des médicaments indispensables qui manquent dans les pharmacies des hôpitaux, avec des patients et des familles agressifs et qui n’hésitent plus à les molester, voire plus…

Après tout cela, et au lieu de prendre son courage à deux mains, et ses problèmes à bras-le-corps, et aller au devant de ses administrés qui ont été agressés, menacés dans leur vie et séquestrés… Au lieu de se pencher sur le problème de l’hôpital universitaire de Sfax, de façon sérieuse pour trouver une solution radicale au banditisme qui y sévit… Au lieu de faire vérifier les doléances de ses administrés… Au lieu de tout çà, Samira Maraï a choisi de faire face à tous ces problèmes en se déplaçant à… Bizerte, pour s’y faire prendre en photo par son armada de la direction de communication, qu’elle emploie aux frais du contribuable, et pour oser se montrer dans les médias pour prétendre que tout va au mieux, dans le meilleur des mondes, et énumérer « ses » exploits et « ses » réalisations qui se comptent par dizaines, en omettant de dire que ce ne sont, justement, pas « ses » projets, mais, plutôt, ceux de ses prédécesseurs  !!

N’aurait-il pas mieux valu pour elle, qu’elle reste chez elle, sans aucune réaction, plutôt que de réagir de cette façon maladroite, qui va laisser un arrière goût d’amertume chez ses administrés qui vont se rendre compte que leur hiérarchie n’en a rien à faire de leurs « tracas », et qu’elle est connectée sur une toute autre chose, beaucoup plus importante que leurs problèmes, en l’occurrence, l’image médiatique d’une ministre qui travaille et qui bouge, contrairement à ce qu’on en dit dans les hautes sphères, histoire de tenter un élan désespéré d’inverser la tendance et éviter un limogeage qui semble bel et bien décidé !

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