Politique

Tunisie : Les sanglots de Moncef Marzouki, nouvelle arme ? A en rire aux larmes !

 

Droit dans ses bottes, égal à lui-même, Moncef Marzouki ne rate aucune occasion de se tirer une balle dans le pied croyant trouer la peau de ses adversaires. Il n’a guère encaissé que le scrutin présidentiel de 2014 l’ait délogé de Carthage. Il ne s’en est jamais remis. Maintenant, il ajoute une autre couche de larmes à son portrait d’éternel pleurnichard et aigri. On aurait dit que Moncef Marzouki se lance dans une campagne électorale avant terme.

Tiens ! Ces larmes rappellent d’autres. La mémoire est encore fraiche des larmes écrasées par son homme de main ou de paille, Adnène Mansar, sur le plateau d’une télévision tunisienne, évoquant la crainte de sa fille de le voir retourner en prison (Pourtant Adnène Mansar n’y a jamais mis les pieds et personne ne lui connait ou lui reconnait une once de militantisme sous Ben Ali, bien au contraire). A se demander si, après la débâcle des élections présidentielles et législatives de 2014, les pleurs médiatiques ne sont-ils pas élevés désormais au rang de stratégie de communication pour l’ex président provisoire, bombardé à Carthage par un funeste concours de circonstances, et de ses sbires.

“Aux larmes citoyens !” pour paraphraser la Marseillaise.

Les sanglots de circonstances, dont son meeting à Kairouan a été le théâtre il y a quelques jours, a altéré la voix de Moncef Marzouki quand il a abordé la question de la disparition, au large de Kerkennah, des migrants clandestins suite à une collision entre une embarcation de fortune et un navire militaire de la marine nationale. Dans sa bonté, le fondateur de Harak Tounes Irada (une appellation aussi curieuse que grotesque, à l’image de son auteur) a promis que, dès son retour à Carthage, un mémorial sera dressé en hommage dixit “aux martyrs de la pauvreté et de mépris“.

La mémoire courte et sélective, a-t-il oublié que, quand il se pavanait au palais présidentiel, le nombre des victimes des bateaux de la mort était autrement plus important et que, pour toute action symbolique, il a juste jeté une gerbe de fleurs, en pleine mer, sur le lieu d’un malheureux naufrage, ajoutant qu’il envisageait de créer un “Ministère de la Mer”. Personne n’a vu l’ombre d’un tel ministère ni entendu l’ex président parler d’un projet d’édification d’un quelconque mémorial. “Si tu n’as pas honte, fais ce que tu veux” comme assène le dicton populaire arabe.

Encore pire, le paradoxe à son comble, Moncef Marzoukia déploré le retour, à son endroit d’origine, de la statue équestre de Bourguiba, que le dictateur déchu a déplacée à la Goulette, dans l’idée de dégommer le “combattant suprême” de la mémoire collective et individuelle. Par conséquent, il est dans le même état d’esprit que Ben Ali. N’a-t-il pas braillé : “une fois au pouvoir, ils ont réinstallé les statues de Bourguiba, comme signe de victoire. Or eux, ils adorent les statues, nous, on adore dieu !”. Il remet en surface l’époque préislamique et la guerre entre les croyants et les mécréants. De toute évidence, il éprouve un malin et non moins malsain plaisir à souffler sur le feu de la division, qu’elle soit d’ordre politique, régional ou confessionnel et à puiser sa posture dans la controverse.

Manquant, comme toujours, l’occasion de se taire, Moncef Marzouki a brandi son sabre pour décapiter les trois pouvoirs en place, pointant “leurs échecs et leur incompétence pour gérer le pays”. A l’entendre, on dirait que lors de son mandat de trois ans et de la mission de la Troïka, de triste mémoire,à la tête de l’Etat, le succès était scintillant, le pays était en pleine croissance, l’environnement socioéconomique enregistrait des bonds entiers de progression. Comme quoi, lui et sa Troïka, dont le gouvernement était un modèle de compétence et de lucidité (auquel cas, on l’aurait su) ont sauvé le pays et ont laissé un héritage et un capital de haute facture que le gouvernement en exercice a dilapidés. Un populisme de bas étage, frisant le caniveau !

Il bombe le torse pour éructer que : “La Troïka a réalisé un taux de croissance de 3%“, taux réalisé surtout par l’augmentation vertigineuse de la masse salariale suite au recrutement massif dans la fonction publique. Mais bon, pour un ignare en économie comme lui, la désinformation coule de source. Il aurait été plus inspiré et moins bouffon si Moncef Marzouki s’était penché sur la pactole de 30.000 Dinars qu’il reçoit chaque mois de la poche des contribuables tunisiens dont il pleure aujourd’hui les terribles conditions de vie et la modicité de leur pouvoir d’achat.

 Agitant, comme à ses sombres habitudes, toute sorte d’épouvantails, persuadé que la tactique de semer l’effroi est porteuse en termes électoraux et qu’un peuple terrifié serait plus sensible à son discours de sédition et de peur, Moncef Marzouki, l’œil faussement humecté, a bredouillé : “l’indépendance de la Tunisie est menacée, et le prochain président sera désigné par des pays étrangers“. Rien que ça !! Comme quoi, le larbin et salarié de Doha a encore le culot de parler d’indépendance. Lui-même est l’homme désigné du Qatar, mais plus jamais il ne foulera les couloirs de Carthage.

Dans la foulée, et dans le même registre, Moncef Marzouki a fait part de ses doutes quant à l’organisation des élections présidentielles de 2019 et a prêté à ses adversaires politiques des intentions d’en truquer le scrutin. Il croit lancer ses piques contre le pouvoir en place, mais en réalité il lynche et accuse l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE), l’unique structure, de par la Constitution Tunisienne, habilitée à organiser, à superviser et à gérer les diverses contingences des élections en Tunisie.

Comme chaque fois, Moncef Marzouki mène son combat en s’entêtant à se tromper de cibles et d’adversaires. Pas une larme de maitrise, de discernement ou d’objectivité. Mais juste quelques pleurs pour amuser la galerie, ameuter son dernier carré de partisans et s’efforcer de donner un zeste de crédibilité à son discours de clivage et de haine.

 

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