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Tunisie – Semoule et farine : Où se trouve la fuite ?

Tunisie – Semoule et farine : Où se trouve la fuite ?

Ce qui se passe ces derniers jours avec la semoule et la farine et tout ce qui tourne autour comme scénarios, a de quoi laisser perplexe. Tout le monde connait les principes de la physique. Tout le monde sait que tout se crée, tout se transforme et que rien ne se perd… Tout le monde connait aussi le principe des vases communicants, quand un vase se déverse dans l’autre, on doit, forcément y retrouver la même quantité de départ…

Or, ce qui se passe concernant la semoule et la farine, en Tunisie, défie toutes les lois de la physique. En effet, l’Etat est, depuis quelques semaines, en train d’injecter des quantités supplémentaires phénoménales de ces deux produits, sur la filière des pains et des pâtes. Mais à l’arrivée, le consommateur ne retrouve rien dans les étals. Il faudra bien qu’on nous explique ce tour de magie !

L’Etat fournit à partir de ses stocks, dans les silos, une quantité donnée… La même quantité est traitée dans les minoteries et en ressort, en principe entière… Après, ces sous produits vont prendre deux filières parallèles : celle de l’industrie de transformation et celle des distributeurs.

Si, au niveau de la première filière, on retrouve, en bout de chaîne la même quantité injectée au départ, c’est loin d’être le cas pour la deuxième, celle de la distribution. Là, en effet, le décalage entre la quantité au départ et celle retrouvée sur les commerces est énorme. Alors il est légitime de se demander où est passée cette différence et où se situe la fuite ? Pourtant la filière est simple : La semoule et la farine quittent les minoteries et empruntent deux chemins, celui des boulangeries et celui de la distribution. Cette dernière comportant une étape supplémentaire, qui est celle des grossistes. C’est au niveau de cette dernière filière que le manque est le plus flagrant.

Pour comprendre ce qui se passe et surtout, pourquoi, il faudrait remonter cette filière, pour voir si la farine et la semoule disparaissent chez le grossiste ou chez le commerçant, ou alors, en cours de route, vers le grossiste, ou de depuis ce dernier au commerçant.

Maintenant, il s’est avéré que de nombreux grossistes et même, des commerçants détournent des quantités de ces produits et les cachent dans l’objectif de spéculer sur les prix. Les services de contrôle ne cessent d’opérer des descentes et des saisies, chez plusieurs de ces commerçants indélicats.

Néanmoins, le mystère persiste car les marchandises saisies ne correspondent, apparemment pas, à celles disparues en cours de route.

Est-ce que cette marchandise qui est, soit-dit, au passage, subventionnée par l’Etat, est détournée vers l’exportation ? Possible mais difficile. Difficile à cause de la fermeture de tous les passages frontaliers qu’ils soient terrestres ou maritimes. Et ce, depuis le début de l’épidémie du coronavirus. Mais çà demeure, toutefois, possible, quand on connait l’ingéniosité des contrebandiers qui ne cessent de rénover en matière de transport de produits de contrebande.

Sachant que les frontières tunisiennes sont très longues, et que les contrebandiers en connaissent les moindres recoins et qu’ils utilisent tous les moyens de transport, y compris les dos des ânes. Par ailleurs, si on se met à la place de ces contrebandiers, on serait tenté de détourner ces produits, du moment qu’ils circulent en très grades quantités et de les stocker, en vue de les exporter, plus tard, après la réouverture des frontières. Sachant qu’à ce moment là, après la crise, la demande sera pressante pour ces produits de première nécessité.

Si cette marchandise est écoulée à l’étranger, c’est dommage, car des tunisiens comme nous, cherchent à profiter du malheur de leurs semblables et veulent s’enrichir en les affamant. Et, en plus, ils créent un problème supplémentaire pour les autorités, puisqu’ils déstabilisent les forces de sécurité en les mobilisant le long des frontières et à l’intérieur du pays, quand ils doivent gérer les protestations et les manifestations des citoyens affamés, alors qu’ils ont bien mieux à faire. On comprend, dès lors, mieux pourquoi leurs méfaits sont désormais assimilés à des crimes de guerre.

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