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Tunisie – Slim Chaker ou la caricature qui montre le mode de fonctionnement du gouvernement

Slim Chaker, le tout nouveau ministre de la santé, vient de montrer à tout le monde, à Youssef Chahed en premier, qu’il était bien là où il était… C’est-à-dire sur le banc de touche !

Na sachant pas par où commencer, vu qu’il est complètement étranger au domaine de la santé. Et étant, de surcroît, angoissé par la présence, à ses côtés, d’une secrétaire d’Etat issue de la boite et, surtout, trainant derrière elle, la redoutable présomption d’avoir causé la perte de Saïd Aïdi, en collaboration avec quelques « influents » membres (encore aujourd’hui) du ministère, Slim Chaker se croyait obligé d’agir, et vite !

Mais en guise d’action, c’est, plutôt, dans la réaction qu’il est tombé. Populisme oblige, puisqu’il est devenu, de nos jours, évident, que çà paye, Slim Chaker a cru devoir réagir à chaud au contenu de la dernière émission (à scandale) d’une chaine TV tunisienne. Il faut croire qu’il a compris qu’il faisait bon d’avoir ce type de chaines de son côté plutôt que de les avoir sur le dos, et c’est en réagissant au quart de tour à leurs émissions qu’il espérait gagner leurs faveurs.

Donc, partant de ce principe, et l’émission en question, qui traitait (trop sommairement, et en écoutant un seul son de cloche) d’un accident médical de grande gravité, certes, n’étant même pas achevée, Slim Chaker enfila son costume, prit son calepin en main, et sortit en trombe pour « inspecter » l’hôpital incriminé par l’émission et qui est l’hôpital Charles Nicolle à Tunis. Et c’est le résultat de cette inspection qui a été, pour le moins, époustouflant, tellement, le ministre a été à côté de la plaque, et a procédé à l’envers de ce qu’il fallait faire. En guise de résultat de l’inspection, et de décision, celle du ministre de la santé, aura été la parfaite caricature de la façon d’opérer de la nouvelle classe politique de notre pauvre pays. Celle qui consiste à chercher le coupable le plus facile, le plus vulnérable, et lui faire endosser tous les torts et toutes les fautes des autres, y compris celles du gouvernement.

Au lieu de chercher à comprendre pourquoi l’hôpital était dans l’état dans lequel il l’a trouvé, malgré le travail acharné de la directrice générale de l’établissement, dont témoigne tout le monde, et de savoir pourquoi la CNAM, entre autres n’avait pas payé son dû à l’établissement, ni pourquoi la pharmacie centrale ne lui livrait plus de médicaments, qu’il n’arrivait plus à payer, ni pourquoi les meilleurs médecins l’ont quitté, ni pourquoi les fournisseurs ne lui livraient plus du matériel faute d’avoir été payés pour leurs précédentes livraisons… Au lieu de tout cela, il limogea, tout simplement, la directrice générale, en remerciement pour ses sacrifices et tout le temps et l’effort qu’elle avait consenti aux dépends de sa vie privée et sa famille, pour son travail, soulevant une tempête d’indignation et de réprobation dans le milieu des soins, d’une manière générale. Il faut reconnaitre que le ministre a bien diligenté une enquête, et chargé une équipe de la mener (probablement poussé par quelques uns de ses conseillers)… Mais après coup. Après avoir tiré ses conclusions, et pris ses décisions, en choisissant le coupable, et en le punissant.

Mais il ne faudrait pas, trop, lui en vouloir à Slim Chaker, pour cette première « bévue », qui lui sera, certainement, quelque part, fatale. Car il ne fait que travailler à la façon de toute l’équipe gouvernementale. Comme son super ministre des réformes économiques qui a trouvé la solution au déficit de l’Etat, en décidant de prélever encore plus de fonds chez le contribuable, déjà saigné à blanc. Tout comme, aussi, son collègue de l’environnement, qui, pas plus tard que cette nuit, a fait sanctionner un pauvre citoyen, en le verbalisant à hauteur de 60 dinars, pour s’être soulagé dans le parc du Belvédère, sachant que le ministre ne s’est pas posé la question de savoir ce qu’il avait fait, lui, pour éviter à ce monsieur d’être obligé de pisser en plein air. Avait-il, au moins, installé des vespasiennes avant de commencer à verbaliser les citoyens ? Mais ce genre de questions, et d’autres, on ne leur à pas appris à se les poser, du moment qu’il y a de l’argent à récolter quelque part !

 

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