Politique

Tunisie: Suspension du Document de Carthage, le crise est une lutte pour le pouvoir, selon Kaïs Saïed

Le juriste et spécialiste en droit constitutionnel, Kaïs Saïed, a affirmé que la crise qui a conduit à l’échec des pourparlers sur le Document de Carthage II et sa suspension, est une lutte pour le pouvoir entre la classe politique tunisienne.

Cette crise n’est pas  celle du peuple dont les préoccupations sont de toute autre nature, a-t-il ajouté lors d’un entretien avec la chaîne Zitouna TV.

Étayant son analyse, il a rappelé que les signataires du Document de Carthage se sont accordés sur 63 des 64 points, précisant que les divergences ont buté sur un seul point relatif au poste de la présidence du gouvernement.

Recourant à l’ironie, Kaïs Saïed a indiqué que même les règles de calcul ont changé pour ces politiciens, affirmant que pour eux 63 + 1 = 1 alors que 64 – 1 = 0 ce qui veut dire que l’essentiel pour eux c’est un seul point et non pas la question des priorités.

Il a , à ce propos, souligné que tant que les priorités ne sont pas mise sous forme d’un texte de loi avec force de coercition, leur mise en oeuvre sera toujours aléatoire.

Ébauchant des pistes de solution de sortie de la crise, le spécialiste en droit constitutionnel a indiqué que l’option de la démission du chef du gouvernement Youssef Chahed est impossible étant donné qu’il a lui même affirmé dans son discours qu’il n’allait pas jeter l’éponge et qu’il continuera à assumer ses responsabilités.

Il a également écarté l’idée que Youssef Chahed aille solliciter la confiance des députés de l’ARP, estimant qu’il ne pense pas qu’il va faire la même erreur que son prédécesseur qui s’est retrouvé avec seulement trois voix en sa faveur.

Kaïs Saïed a indiqué, toutefois que le président de la République, Béji Caïed Essebsi peut recourir à l’article 99 de la Constitution qui l’habilité à demander à l’ARP de voter la confiance pour la poursuite des activités du gouvernement de Youssef Chahed.

Mais là aussi, selon le juriste, le président de la République a laissé entendre qu’il laisse l’initiative aux autres parties signataires, considérant que c’est une affaire qui les concerne.

Concernant la possibilité du vote d’une motion de censure contre le gouvernement stipulée dans l’article 97 de la Constitution, Kaïs Saïed a affirmé qu’il ne peut pas être mis en oeuvre en raison de l’état d’urgence en vigueur depuis le 9 mars 2018 et qui se poursuivra jusqu’au 7 octobre 2018.

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