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Tunisie – Tabboubi sur Nessma : La grève est un droit, nous y avons été poussés, et ne nous ciblons personne!

L’UGTT a toujours favorisé le dialogue, mais…

Le secrétaire général de l’UGTT était l’invité de Nessma TV ce soir, pour parler de la grève générale de la fonction publique prévue pour demain. Concernant la pertinence de cette grève, Tabboubi a annoncé que ce n’était pas un choix du syndicat, car l’UGTT a toujours respecté la culture du dialogue. Il a déclaré que l’UGTT a laissé des délais suffisants au gouvernement, mais celui-ci n’a pas daigné répondre aux demandes de dialogue et a refusé de faire la moindre proposition, contrairement aux acquis obtenus pour le secteur public où un accord a été conclu, même si les majorations n’étaient que partielles pour combler le déficit du pouvoir d’achat.

Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement veut laisser les fonctionnaires dans la misère, soit près de 670 000 foyers. Il ne faut pas oublier, a-t-il ajouté que les fonctionnaires croulent tous sous des crédits, avec des TMM extrêmement élevés. Les salaires ne suffisent plus que pour une semaine. Sachant que nos revendications se sont basées sur les chiffres de l’inflation qui ont augmenté de façon dramatique pour le pouvoir d’achat des citoyens.

Concernant les dispositions de cette grève, Tabboubi a précisé que les fonctionnaires devront être à leurs postes le matin, jusqu’à dix heures, avant de se diriger vers le Bardo. Dans ce cadre, a-t-il précisé, la décision de fermeture des écoles, lycées et universités est anticonstitutionnelle et les enseignants se rendront demain à leurs postes respectifs, malgré le communiqué de fermeture.

Chahed ne nous a rien proposé. Il n’avait pas le feu vert du FMI

Tabboubi a déploré que les négociations n’ont pas eu lieu, car le chef du gouvernement ne pouvait rien proposer et il m’a affirmé ne rien pourvoir faire sans le feu vert du FMI.

Il est inconcevable de régulariser la situation des salariés du privé et du secteur public et de ne rien faire pour les fonctionnaires, dont la situation financière est catastrophique. Le pouvoir d’achat détérioré de cette frange de citoyens doit être réparé. Ce n’est pas normal de laisser les fonctionnaires dans la misère, juste pour se plier aux exigences du FMI. Dans ce cas, l’Etat n’est plus souverain et n’est plus maître de son destin.

Le prétexte de la trop grande masse des fonctionnaires est erroné, a ajouté Tabboubi. La preuve c’est qu’il y a, toujours, un manque de personnel dans les secteurs de la  santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Quant aux recrutements exigés par l’UGTT, au lendemain de la révolution, ils n’ont pas dépassé 50 000 emplois, et entraient tous, dans le cadre de la régularisation des situations des travailleurs en sous-traitance ou dans des chantiers.

D’ailleurs, tous ces prétextes sont faux. Le vrai problème c’est que le gouvernement avait accepté et signé les protocoles et des accords concernant ces majoration, jusqu’à juillet dernier. Puis, il a renié ses engagements. Est-ce qu’ils n’était pas conscient de ce qu’il a signé, à ce moment là ? S’est- demandé Tabboubi.

Le rassemblement du Bardo ne cible pas Youssef Chahed comme l’a prétendu Nicolas Beau

Concernant le lieu du rassemblement au Bardo, sachant qu’au même moment Chahed y sera pour défendre son projet de loi de finances, est-ce que, comme le prétend le journaliste français Nicolas Beau, il n’y aurait pas un axe « Tabboubi et BCE » pour faire chuter Chahed ? Tabboubi a répondu que la place du Bardo est symbolique, car c’est là que se concrétise le choix du peuple. Concernant la coïncidence de ce rassemblement avec la présence de Youssef Chahed à l’ARP, il a rappelé que la date du 22 avait été fixée depuis très longtemps, bien avant la fixation de la date de la visite de Chahed.

Il a précisé que ce rassemblement ne ciblait personne et surtout, pas Chahed, car «  Si nous avions un accord avec le président pour le faire chuter, pourquoi, avons-nous tenu à négocier avec lui ? Nous n’avons d’alliés que les intérêts des salariés et des fonctionnaires. Nous avons longtemps aidé et soutenu le gouvernement, mais devant la persistance de la politique erronée, qui vise à appauvrir le tunisien, nous avons été obligés de nous retourner contre lui. Nous avons demandé le changement du gouvernement en entier et c’était bien avant les élections municipales, sachant que tout le monde était d’accord sur ce principe, mais Ennahdha a changé de position quand elle a constaté son avance lors des élections.

Les jours à venir seront très durs pour les tunisiens

Si certaines parties veulent faire de la politique sur le dos de l’UGTT, en lui tenant tête, elles se trompent, car l’UGTT est l’enfant du peuple. Les gouvernantverront demain, si les enfants du peuple sont avec, ou contre nous, a annoncé Tabboubi.

Le gouvernement ment quand il prétend vouloir améliorer le pouvoir d’achat en luttant contre la contrebande et le marché parallèle. Il ne l’a pas fait durant les huit dernières années, pourquoi s’y mettrait-il maintenant ? Il doit majorer le salaire en plus de s’occuper de ces dossiers qui sont de son ressort.

L’UGTT a peur des dérives des mouvements sociaux, si les dégâts sur le pouvoir d’achat et la situation socio-économique ne s’arrêtent pas, le danger de ces dérives est réel, a averti Tabboubi, émettant le vœu que les prochains jours ne soient pas trop « durs » pour les tunisiens.

Les actions à venir : l’escalade est possible, mais le dialogue demeure, toujours, le premier choix de l’UGTT. Après la grève générale de demain, il y aura d’autres actions plus importantes. Les actions à venir seront étudiées lors de la réunion de l’instance administrative ce samedi.

Pour le rassemblement de demain, il n’y aura pas de dérives, a assuré Tabboubi et tout se passera bien ! Nous veillons sur tout.

 

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