Tunisie – Tataouine, poudrière sociale qui risque de faire tâche d’huile

Tout au long de cette dernière décennie désastreuse, aucune région ni catégorie socioprofessionnelle ne s’est abstenue de protester pour réclamer droits et privilèges.

Toutefois, les hommes de l’ombre qui orchestrent les jeux pourris en Tunisie ont toujours misé sur l’usure des tunisiens et leur « acclimatation » avec des conditions de vie dégradantes et indécentes.

Siliana, Kairouan, Gafsa, Tataouine et plusieurs autres régions ont été suppliciées par le chaos et les promesses trompeuses d’un développement régional garantissant la prospérité à Tous !

Revenons au cas de Tataouine, une note d’évaluation de l’état de développement économique dans les régions élaborée par l’Institut tunisien de la compétitivité et de l’économie quantitative (ITCEQ) en 2018, a montré qu’au niveau de l’indice reflétant la dimension « Emploi et marché du travail », les résultats traduisent le faible niveau d’attractivité et l’incapacité d’absorption de l’offre de travail, particulièrement à Tataouine, classée dernière, à cet égard respectivement derrière Gafsa, Jendouba, Sidi-Bouzid, et Kasserine.

Tous ces gouvernorats sont à la traîne en termes de nombre d’entreprises, de taux de placement et d’offre d’emploi par rapport à des gouvernorats comme Monastir et les gouvernorats du grand Tunis.

D’après les données de l’Office de développement du Sud (ODS), Tataouine est un gouvernorat d’une superficie assez vaste, ayant des ressources naturelles diversifiées (pétrole, gaz, substances utiles et eaux souterraines), des sites géologiques, archéologiques et naturels importants. L’économie reste basée sur le secteur agricole.

La migration représente également une ressource essentielle, en plus d’une activité touristique et culturelle embryonnaire. L’infrastructure de base est composée d’un réseau limitée de routes numérotées bitumées, d’une seule zone industrielle, d’un réseau de télécommunication et d’une station radio qui couvre toute la zone du Sud Est.

La population a évolué de 143.524 habitants en 2004 à 149.453 en 2014 et à 150.830 habitants en 2018. La population active occupée ne dépasse pas 35435 personnes en 2018.

Face à une infrastructure délabrée consacrant l’isolement et la marginalisation, les jeunes du gouvernorat ont milité durant des années pour avoir la priorité d’embauche dans les  sociétés extractives opérant dans la région et accessoirement dans les entreprises de sous-traitance dans le domaine. Plusieurs accords ont été signés, dans ce sens, avec le gouvernement avec la caution de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) mais tout cela n’était qu’un mirage.

In fine, la solution sécuritaire et la répression du mouvement des jeunes demandant l’application des accords est une solution périlleuse et trop risquée.

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