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Tunisie Telecom : à quoi joue l’UGTT ?

 

L'UGTT dans la déclaration administrative nationale, dans son point 5, a précisé : « Les membres de la Commission Administrative Nationale de l’UGTT, réunis le vendredi 21 Janvier 2011 sous la présidence du camarade Abdessalem JERAD, Secrétaire Général,…5) Appellent tous les travailleurs à faire face à toute tentative visant à interrompre la marche normale des entreprises économiques et à être vigilants pour sauvegarder les biens et assurer la continuité d’administration et de gestion de ces entreprises. ».


Nous ne pouvons que constater que c'est exactement l'inverse qui se passe en ce moment au sein de Tunisie Telecom.


La demande d'éviction de 62 hauts cadres contractuels de Tunisie Telecom émane d'un ordre de ce syndicat auprès de la Direction Générale de TT et des ministre et secrétaire d'Etat de tutelle. Cela paraît relever d'avantage du chantage que d'autre chose !

Les 62 cadres concernés sont majoritairement des Tunisiens de très haut niveau qui, pour certains, ont bénéficié de bourses d'honneur pour poursuivre leurs études à l'étranger ou d'anciens fonctionnaires de Tunisie Telecom ayant accepté un nouveau challenge, celui de ne plus être fonctionnaire. Compte tenu du marché du travail dans ce domaine très pointu et de l'internationalisation de l'entreprise, il était normal que la Direction de Tunisie Telecom déroge à la règle édictée par le statut des fonctionnaires de Tunisie Telecom. Cette pratique est, d'ailleurs, fréquente dans toutes les entreprises d'Etat en cours de modification de statut à travers le monde.

Certains de ces cadres sont retournés à leur poste et d'autres ont subi du harcèlement de la part de certains confrères se considérant moins bien traités.

Aucune information officielle émanant de Tunisie Telecom ou du ministère de tutelle ne leur étant parvenue, leur situation est devenue extrêmement précaire. En effet, ils ont appris par Facebook les exigences de l'UGTT et l'existence de cet accord, sans compter la diffusion inexacte de leurs salaires ! L'un de ces hauts cadres a été interviewé sur une radio nationale bien connue, et, immédiatement, sa carte d'identité a également été diffusée sur Facebook. Tomberions-nous dans un système de délation ?

L'UGTT souhaite-elle que ces cadres repartent à l'étranger ? Est-elle donc favorable à la fuite des cerveaux tunisiens ? Souhaite-t-elle mettre en place la Terreur en Tunisie ?

Mais, il est vrai que le chantage porte sur leur départ ou bien la grève ! Une négociation est cependant prévue le samedi 12 février mais sans connaître les parties à cette réunion.

Le Président de Tunisie Telecom est, dans un courrier, revenu sur cet accord et a indiqué qu'il soutenait les cadres contractuels visés par la première lettre.


D'autres points de cet accord ont relevé notre attention ; ainsi, l'entrée dans le Conseil d'Administration d'une entreprise (soit-elle publique) d'un syndicat. A part dans l'ex-Union Soviétique, aucun syndicat dans le monde n'oserait faire une telle demande ! Depuis quand un syndicat se permet-il d'intervenir dans la stratégie d'une entreprise ? Quelles sont ses compétences en la matière ?

L'UGTT n'hésite d'ailleurs pas à remettre en cause l'emploi de sous-traitants dans différents domaines techniques ou commerciaux.


Nous pouvons, d’ors et déjà, nous demander quelle est la valeur juridique de ce document tant pour les cadres contractuels que pour les sous-traitants.


Et, cela ne semble pas leur suffire ! Aurait-il quelque chose à se faire pardonner ? Son silence et son inaction durant 23 ans de régime dictatorial ?

 

À suivre…

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