Economie

Tunisie – Tous, à l’assaut du fléau des sachets plastiques

Le ministre de l’Environnement, Chokri Ben Hassan vient de déclarer hier lundi 13 Juillet 2020 lors de son audition au Palais de Bardo que les sacs en plastique seront définitivement interdits, à partir de l’année 2021.

Il a précisé, dans ce cadre, que le ministère s’apprêtait à adopter un plan de communication pour motiver les producteurs à mettre à niveau leurs processus de fabrication conformément aux dispositions de l’arrêté du gouvernement numéro 32 du 16 janvier 2020, qui réglemente l’usage des différents types des sacs en plastique.

L’article 4 du décret gouvernemental en vigueur depuis mars 2020, stipule qu’à partir du 1er janvier 2021 tous les sacs en plastique, dont la production, la fourniture, la distribution et la détention sur le marché intérieur sont possibles, doivent porter une indication claire «sachet biodégradable», en plus de la référence de la norme ou du classement technique y afférent.

Rappelons que toute la Tunisie s’écroule notamment depuis quelques années sous des millions de tonnes de plastique. D’ailleurs, des chiffres publiés au dernier rapport du Fonds Mondial pour la nature (World Wildlife Fund / WWF) paru en juin 2019 montrent que 20% de la totalité des déchets plastiques produits en Tunisie sont rejetés dans la nature…

Ce type de déchets constitue un vrai problème national et pour cause, la pollution plastique engendre, d’après le rapport, une perte annuelle considérable à l’économie nationale de l’ordre de 20 millions de dollars, soit l’équivalant de 58 millions de dinars.

Le rapport reproche à la Tunisie de ne pas disposer d’une politique structurée de gestion des déchets. Vu le risque de ce fléau, le WWF insiste sur l’importance du lancement de campagnes continues de sensibilisation.

Toujours d’après le Fonds mondial pour la nature, même si la production de plastique est négligeable en Tunisie par rapport à d’autres pays méditerranéens, le pays occupe la quatrième place dans la consommation de produits en plastique. C’est ainsi qu’on enregistre, à ce titre, des pertes économiques considérables.

Le rapport indique qu’une faible partie de tous les déchets est recyclée, l’autre demeure non collectée et le reste fini dans la mer méditerranée.

Il faut savoir que 80% de la pollution d’origine marine revient pratiquement dans les terres. Il est donc évident que dans une dizaine d’années toutes les plages seront polluées. Ces déchets de plastique affectent essentiellement et avant tout la nature et nuisent à la santé humaine.

Selon le WWF, les effets de la pollution plastique sont inquiétants. Ils touchent d’abord la chaîne alimentaire et donc le contenu des assiettes des consommateurs. Le plastique constitue également un problème au niveau des sols et des sédiments mais aussi des plantes du fait qu’annuellement, les tunisiens utiliseraient près d’un milliard de sacs en plastique, dont 315 millions distribués par les grandes surfaces.

Néanmoins, l’adoption d’une stratégie nationale claire de lutte contre le plastique, atténuera les ravages du fléau de la pollution par cette matière qui pourraient être irréversibles.

D’après les expériences réussies, une stratégie efficiente repose, généralement, sur plusieurs axes dont  la réduction de la production et la consommation de plastique, le développement du réemploi en favorisant la réutilisation des produits et l’émergence de systèmes de consigne pour réemploi et l’assurance 100% de recyclabilité des plastiques.

Il est à signaler que la gestion des questions environnementales s’est considérablement détériorée depuis 2011, surtout en raison des grèves dans la filière de la gestion des déchets, selon le rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur « les perspectives économiques » pour l’année 2016, qui souligne que les autorités peinent par ailleurs, à faire appliquer la loi.

Dans la note d’orientation 2016-2020, le coût de la dégradation de l’environnement en Tunisie est estimé à 2,7 % du PIB. La Constitution garantit dans son article 45 «le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la protection de l’environnement». Il incombe à l’État, selon la BAD, de fournir les moyens de lutter contre la pollution.

Toutefois, la création d’une instance de développement durable et de la protection des droits des générations futures prévue par l’article 126 n’est toujours pas effective.

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