Politique

Tunisie – Une drôle de conception du développement, de la part de Yassine Brahim, qui lui vaut l’ire de ses administrés

Rien ne va plus au sein du ministère du développement, de l’investissement et de la coopération internationale. La tension y est devenue le pain quotidien des agents et des cadres. Cette tension a atteint son paroxysme il y a quelques jours quand, lassés de la détérioration de leur vécu, les agents et cadres du ministère ont organisé une protestation où ils ont commencé par revendiquer leur droit  à la reconnaissance de leur travail et de leurs compétences, pour finir par le désormais célèbre cri de guerre, si cher au cœur des tunisiens, depuis qu’il a été scandé un certain 14 janvier 2011, le fameux « dégage » ! Les agents et cadres de la section du développement du ministère l’ont crié à l’attention de leur ministre Yassine Brahim, qui aurait témoigné envers eux, depuis le jour de son investiture, une indifférence totale au point où il n’a jamais remis les pieds dans les locaux depuis qu’il y a pris ses fonctions au cours de la cérémonie de passation avec son prédécesseur.
Approchés par les journalistes de TunisieNumérique, les cadres du ministère ne se sont pas fait prier pour déclarer leur désappointement du ministre Yassine Brahim, en lequel ils avaient, pourtant, cru au départ, pour sa jeunesse et pour son enthousiasme et ses mielleuses promesses annoncées le jour de son investiture.
Les cadres du ministère en veulent au ministre pour les avoir négligés, alors qu’ils sont pleins de bonne volonté, et, surtout, de compétences dans leur domaine que sont la modélisation et les statistiques. Ils déplorent que le ministre, non content de les négliger et d’ignorer l’importance de leur travail, ne rechigne pas à les dénigrer et à les « calomnier » sur les plateaux TV, en les taxant de fainéantise et de saleté.
Ils en veulent au ministre de les abandonner à leur triste sort et d’élire domicile dans les bureaux flambant neufs de la section de l’investissement et de la coopération internationale. Il en serait, même, arrivé à déplacer son cabinet dans ses nouveaux locaux, de même que le bureau d’ordre du ministère, leur signifiant de la manière, qu’il n’avait nullement l’intention de travailler avec eux. Pourtant, disent-ils, ils sont en train de préparer le « précieux » prochain plan de développement, de même que le document directeur qui va avec. Ils ne comprennent pas comment le ministre ne donne pas son importance au développement régional, qui est, pourtant un des principaux piliers de la relance du pays, comme il a été, rappellent-ils, une des principales revendications de la révolution.
Pour finir, les cadres du ministère revendiquent leur droit d’exister comme agents d’un ministère de l’Etat tunisien et non d’un parti, en l’occurrence d’Afek Tounes, le parti de leur ministre. Comme ils revendiquent des excuses publiques de la part de Yassine Brahim pour l’affront qu’il leur avait fait et pour les déclarations désobligeantes qu’il a eu à leurs égards. Et ils assurent que leurs protestations ne sont nullement, comme le prétendent certains membres d’Afek Tounes, sous-tendues par des revendications matérielles, salariales ou autres.
Pour notre part, nous trouvons, tout de même bizarre cette attitude, si elle s’avère vraie, du ministre Brahim de verser tout son intérêt sur l’investissement et la coopération internationale, sans donner la moindre importance au développement. Ce qui équivaudrait, en d’autres termes, à courir derrière l’argent des investisseurs, sans se soucier des programmes et des projets dans les quels il va falloir investir cet argent. Car dans ce cas d’espèce, un comportement pareil ne peut avoir que l’une de deux explications : Soit il serait beaucoup plus intéressé par le fait de soigner son portefeuille d’adresses au niveau international, or çà serait, quand même, un tantinet étrange de la part d’un homme qui aurait tout planqué à l’étranger pour se vouer à une carrière politique dans son pays, et qui se voit, déjà au sommet de la pyramide. Soit, alors, la deuxième explication, et qui serait, elle alors, catastrophique, c’est qu’il serait uniquement intéressé par l’argent qu’il pourrait ramener de chez les investisseurs et qu’il ne se pose pas, pour l’instant, de questions sur les domaines dans les quels il va pouvoir l’investir. Du coup, on serait vraiment étonnés s’il arrivait à obtenir le moindre dollar des investisseurs aux quels il va répondre qu’il ne sait pas, encore, à quoi va servir leur argent. Çà rappelle un peu, la logique, illogique du reste, de certains tunisiens qui courent derrière des prêts pour financer des projets, et qui n’ont pas la moindre ébauche d’idée de ce qu’ils vont pouvoir monter comme projet.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Copyright © 2020 Tunisie Numerique

Haut