Tunisie – Une loi de finance au service des sponsors

Jamais une loi de finances n’aura fait couler autant d’encre et de salive. Une loi de finances basée sur une multitude d’aberrations…

La première anormalité, et pas des moindres, est que cette loi a été concoctée par une équipe partante qui la lègue, voire « la fait subir », à une autre équipe qui pourrait ne pas avoir, forcément, les mêmes visions ni les mêmes approches qu’elle.

Ainsi, les nouveaux ministres vont se trouver à gérer les problèmes de 2019, avec une loi de finances qui n’a pris en considération, aucune de leurs priorités. C’est le cas, par exemple, du nouveau ministre de la Santé, qui va se trouver lié par  une loi de finances préparée par son prédécesseur Imed Hammami, qui a, comme tout le monde le sait, fait la preuve de son indéniable incompétence.

Le nouveau ministre de la santé va avoir à gérer les déficits des hôpitaux, l’endettement de la Pharmacie Centrale, le manque de médecins aussi bien spécialistes que généralistes, le manque de personnel de santé de tous types, sans aucune possibilité de recrutements. Il devra, aussi, gérer le délabrement des structures hospitalières, mais aussi celui des dispensaires et autres structures de première ligne, sachant que ces unités de première ligne constituent l’épine dorsale du système de santé tunisien… Et pour faire face à tout cela, rien n’a été prévu dans cette loi de finance.

Sachant que l’exemple du ministère de la Santé, bien que ce secteur en déperdition, aurait dû faire l’objet d’un maximum d’attention de la part du gouvernement, n’est pas le seul.  Ce bilan désastreux est valable pour presque tous les secteurs vitaux et de première nécessité pour les tunisiens.

En effet, le strict minimum pour la vie du tunisien, car on est loin de parler de son confort et son bien-être, n’a, nullement été pris en considération dans cette loi de finances.

Donc, si cette loi n’a pas été faite au profit du tunisien, à qui va-t-elle pouvoir profiter ? Eh, bien, tout simplement, elle va satisfaire les exigences des bailleurs de fonds internationaux et conforter la prospérité des hommes d’affaires et autres magnats des finances en Tunisie…

En un mot, une loi de finance qui a été faite, pour plaire, essentiellement et exclusivement  aux « sponsors » capables de financer les campagnes électorales de 2019 ainsi que pour obtenir la bénédiction des hautes sphères internationales où, malheureusement, on est bien obligé de reconnaître qu’une grande part du destin du pays et des citoyens est décidée.

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