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Tunisie – Vidéo : Affaire Hatem Kharbouch : De quelle guerre contre la corruption nous parle-t-on ?

Tunisie – Vidéo : Affaire Hatem Kharbouch : De quelle guerre contre la corruption nous parle-t-on ?

Hatem Kharbouch, est un commissaire supérieur de police, limogé depuis 2015, après 27 ans de bons et loyaux services rendus à la Nation. Hatem Kharbouch a bien voulu répondre aux questions de la rédaction de TunisieNumérique, pour résumer sa mésaventure, et faire parvenir sa voix.

Il a commencé sa vie active il y a près de trente ans. Il a vite grimpé les échelons de la fonction, grâce à ses états de services que nul ne pourrait lui renier. Suite à la révolution de 2011, et toujours mû par son nationalisme, il a continué, comme jamais, à combattre le crime, et la corruption, ainsi que le terrorisme ; ces maux qui ont corrompu le pays depuis quelques années, alors, même, que nombreux de ses collègues et chefs ont choisi de la mettre en veilleuse, et de se terrer en attendant que la tempête passe. Kharbouch a pu dévoiler de nombreuses affaires criminelles entre les années 2011 et 2015. Il a, pour çà, obtenu le satisfecit de ses chefs, et obtenu de nombreuses récompenses.

Ses ennuis ont commencé quand il s’est intéressé, par hasard, et par curiosité professionnelle, à de grosses affaires de corruption et, même, des affaires touchant la sûreté de l’Etat. Il a été le premier à farfouiller dans le dossier du port de Rades, où il a découvert des filières et des barons de corruption et de contrebande. Il a découvert, aussi, un important réseau de trafic et de falsification de contrats de vente de biens immobiliers, appartenant à des étrangers ou à des personnes décédées sans héritiers. Il a, par ailleurs, dévoilé un réseau de blanchiment d’argent, transitant par une certaine dame habitant à Hammamet, et s’élevant à des milliards de nos millimes. C’est, semble-t-il en touchant à cette dernière affaire, que Kharbouch a fini par user la patience de ceux qu’il dérangeait, et ils ont juré de le perdre.

Il a été convoqué pour une histoire dérisoire et comique de soi-disant diffusion d’un document confidentiel, qui avait été retrouvé entre les mains du secrétaire général du syndicat de la sûreté nationale. Ce document a été utilisé, par le syndicat, pour porter plainte contre la direction de la police judiciaire, qui avait décidé de clore un énorme dossier de corruption qui avait été découvert par hasard par Kharbouch, justement.

Sachant que Kharbouch a toujours nié avoir transmis ce document au syndicat, et sachant que le dossier était vide et ne contenait aucune preuve et, même pas, de faute grave, Hatem Kharbouch a été, purement et simplement limogé. Une décision prise par un conseil de discipline partial, dit-il, puisque comprenant des personnes qui étaient touchées de près ou de loin par les dossiers qu’il avait découverts, et en se basant sur de simples « présomptions ».

Et depuis 2015, Hatem Kharbouch, qui croyait défendre sa Patrie et ses croyances, se retrouva au chômage, devant se battre chaque jour pour faire vivre ses enfants, le tout, pour avoir fait, comme il se devait, son devoir.

Il a confié, son dossier à la justice, et le tribunal administratif l’a, tout bonnement, disculpé et a ordonné de le réintégrer dans ses droits. Et c’est fort de cette victoire judiciaire qu’il s’est rendu au ministère, demandant sa réintégration.

Et c’est là que les choses ont commencé à se compliquer dans sa tête. Car ayant été bien reçu et compris par ses interlocuteurs, au niveau du ministère, et bien qu’il soit assuré de la position du ministre de l’intérieur en sa faveur, il n’en demeure pas moins qu’il est toujours à la rue, et sa demande a buté sur « quelque chose, quelque part ».

Ce que Hatem Kharbouch semble ignorer, c’est que la décision de sa réintégration dans ses droits, n’est pas du ressort du ministre de l’intérieur, mais bien plus en dessus. Et en dessus, il semblerait que les lobbies de la corruption aient encore leur place et leur mot à dire.

Et Hatem Kharbouch demeure désabusé. Lui qui croyait pouvoir réintégrer, assez facilement, ses droits, avec ce gouvernement qui prône le même combat que lui, c’est-à-dire, la lutte contre la corruption.

Ce qui nous fait nous demander pourquoi un pionnier de la lutte contre la corruption, un soldat de la Nation, ne trouve pas de support de la part d’un chef du gouvernement qui prétend mener la même guerre, mais qui, en réalité, ne soutient pas ses valeureux guerriers qui s’y sont engagés avec, et même, avant lui ?

N’y a-t-il, donc, pas une seule guerre contre la corruption ? Y a-t-il une guerre vraie et réelle, comme celle menée par Hatem Kharbouch, et une autre, virtuelle, où on se contente de faire des déclarations sonnantes et sans suite, sur des plateaux TV ?

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