Tunisie – Vidéo : Il faut gérer les protestations conformément aux dispositions de l’état d’urgence actuellement en vigueur

Taher Belkhoja, expert en sûreté nationale et ancien ministre de Bourguiba a consenti à livrer à TunisieNumerique ses appréhensions en rapport avec ce qui se passe actuellement dans le pays.

« Ce qui se passe en Tunisie depuis plus de six ans commence, maintenant, à devenir intolérable. Les gouvernements successifs ont, jusqu’alors, traité tous les dossiers des mouvements sociaux avec un souci d’apaisement ».

« Chahed a eu le courage d’aller à la rencontre des protestataires à Tataouine, ce qu’il n’aurait pas dû faire, quand on sait la façon dont on l’y a traité et qu’on lui ait donné un ultimatum d’une semaine pour s’exécuter. Et qu’on ait ignoré toutes les décisions qu’il avait ramenées, en exigeant 20% des rentrées du pétrole. A ce sujet, la faute n’est point celle des citoyens, mais plutôt celle des responsables comme l’ex président Marzouki qui les encourage à réclamer leur part des richesses de leur région, comme d’autres qui avaient poussé les citoyens de Gafsa à réclamer leur part sur les rentrées du phosphate ».

« Il faut, maintenant, arrêter les frais, et se rappeler que nous sommes sous le régime de l’état d’urgence décrété et prolongé par le président de la République. Il faut, donc, appliquer les dispositions de l’état d’urgence et activer ses mécanismes. Tout n’est pas permis en situation d’état d’alerte. Nous sommes, en effet en état d’urgence, non seulement politique, mais aussi, sociale et économique, et il n’est pas question de laisser faire n’importe quoi. Et l’application de la loi et des dispositions de l’état d’urgence n’a jamais été ni répression aveugle ni retour à la politique de la matraque. Le président de la République est responsable de l’application de la loi, et surtout, de préserver la notoriété de l’Etat, mise à mal par ces agissements, qui constituent des troubles à l’ordre public. Laisser humilier, impunément,  un délégué ou un ministre, c’est s’attendre à ce qu’on soit, soi-même, traité de la même manière ».

« Il faut, dans ce sens, se conformer à la loi, même en la faisant respecter, notamment, par les forces de l’ordre, qui doivent respecter la loi lors de leurs interventions. Et si les politiques rechignent pour valider la loi qui protège les agents, ils n’ont qu’à appliquer la loi que j’ai moi-même, établie en 1970 et qui régit la façon de gérer les protestations ».

« Car le risque maintenant est que le chaos gagne tout le pays… Aussi bien les responsables que les citoyens doivent, maintenant, se ressaisir et faire attention à la Nation, qui est en train de se perdre ».

« Le peuple a besoin, maintenant de responsables qui maitrisent la situation et nos pas de responsables qui se laissent guider par les évènements. Chaque responsable, à son niveau, doit assumer ses responsabilités, à commencer par le président de la République. Il doit réagir et donner son avis et ses instructions aux autres présidences ».

« Or le pouvoir en Tunisie est entravé par le sacro-saint principe de « consensus », et c’est contraire à la démocratie, qu’une majorité se laisse entraver par la minorité ou l’opposition. La majorité doit prendre ses responsabilités quitte à se faire sanctionner dans deux ans lors des prochaines élections. Mais ce qui se passe maintenant ne mènera à rien, même les lois sont entravées au nom du consensus ».

« Il faut appliquer la loi, et rien que la loi, le consensus passera ensuite, mais l’urgence passe avant ».

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