Tunisie – VIDEO : Grève des postiers : Quand le syndicat dépasse toutes les lignes rouges

Les postiers sont en grève depuis déjà plusieurs jours. Comme cette grève et la fermeture des bureaux des bureaux de la Poste ont coïncidé avec la fin du mois, le versement des salaires et le payement des mandats d’inscription aux écoles et autres facultés, ses conséquences se sont rapidement fait sentir, sur des citoyens sans le sou et qui, avec la force du désespoir sillonnent les villes à la recherche d’un éventuel bureau de poste ouvert, sans jamais trouver quelqu’un pour leur donner le moindre renseignement. Les citoyens sont, donc restés à la veille de la rentrée scolaire et le lendemain de l’Aïd, désargentés, parfois sans pouvoir s’acheter des médicaments vitaux ou de quoi fournir à manger à leurs enfants.

Aujourd’hui, lundi, le syndicat des postiers a bien daigné autoriser l’ouverture de quelques bureaux de poste et il aurait mieux fait de s’abstenir. Car les gens en manque de liquidité, ont pris d’assaut les quelques bureaux ouverts et çà a été, rapidement, la grande pagaille. Une débandade causée, certes, par l’affluence de la foule, mais aggravée par un comportement agressif et humiliant de la part des responsables de ces bureaux, qui n’ont pas hésité à insulter les gens autour d’eux  et à user d’un langage digne des plus vulgaires des voyous.

C’est un échantillon de cette chaos qui a été relvé la journaliste de Tunisienumerique, ce lundi, au bureau central de Habib Thameur, ouvert, ou plutôt à peine, entrouvert. Car le lieu a ouvert ses portes après dix heures, alors que les gens s’impatientaient depuis sept heures du matin. Ensuite, il n’y avait guère que trois guichets occupés par des agents, sur les neuf que compte le bureau. Ce qui a conduit à un état de tension et même parfois, de bagarres entre des citoyens livrés à leur sort, sans tickets pour attendre leur tour.

Pour clôturer la scène, le chef du bureau n’a pas cessé d’insulter les gens et d’être agressif et humiliant envers eux et envers la journaliste, au visage de laquelle il a claqué la porte de son bureau, refusant de lui faire la moindre déclaration. Il a trouvé que la meilleure attitude était de s’enfermer, de clore le portail du bureau de poste, laissant les gens dehors à attendre et séquestrant à l’intérieur, les gens qui n’ayant rien pu obtenir, voulaient quitter les lieux.

Résultat des courses, notre journaliste a pu recueillir les déclarations de personnes désespérées et exaspérées. Des déclarations dont nous retenons deux, qui semblent tout résumer :

La première émanant d’un homme âgé qui a accusé Noureddine Tabboubi, Secrétaire général de l’UGTT, d’avoir mis le feu au pays. La seconde issue de la bouche, ou plutôt des entrailles d’une dame d’un certain âge qui a prophétisé un lugubre « On risque la guerre civile » !

Sans commentaire !

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