Politique

Tunisie – VIDEO : Neji Jalloul : Pour la première fois de notre histoire, nous tremblons pour notre république

Questionné ce jeudi, sur la chaîne Mosaïque FM, sur la crise de Nidaa Tounes, Neji Jalloul a déclaré qu’il s’agissait d’une crise politique générale,  essentiellement, au niveau du gouvernement que quelques uns veulent réduire à une querelle entre Hafedh Caïed Essebsi et Youssef Chahed. C’est immoral de le faire, voire contraire à l’éthique politique. A-t-il souligné

La crise à l’intérieur de Nidaa Tounes dépasse le parti, ce qui s’y passe sont des querelles indécentes et immorales de facebookers qui veulent limiter la vraie crise du pays à une querelle entre dirigeants de Nidaa Tounes.

Faudrait-il rappeler que ce n’est pas nidaa tounes qui a commencé par demander le départ de Chahed, mais l’UGTT et aussi Ennahdha?

« Il est vrai que le parti vit une nouvelle crise et une nouvelle scission… Ce qui me rend triste pour la Tunisie, mais aussi, pour toute la classe politique ».

Monsieur Jalloul a déploré que tout marche de travers dans le pays: le politicien devrait travailler pour l’Etat, au lieu d’utiliser l’Etat pour ses desseins personnels.

La vraie cause de la crise dans le pays :

Elle réside dans le système politique alambiqué qui nous a été concocté par Ennahdha et ses alliés d’antan. La vraie crise est due à ce système politique absurde.

Notre système est aberrant et ne permet pas de gouverner. Dans un système présidentiel, c’est le chef de l’Etat qui gouverne et dans un système parlementaire, c’est le président du parti gagnant qui gouverne. Mais chez nous, le président n’a pas de prérogatives et le chef du gouvernement n’est pas le chef du parti qui a gagné les élections.

Ce qui est complètement erroné, c’est que des partis qui ont gagné des sièges à l’ARP ne gouvernent pas, alors que d’autres partis qui ne possèdent aucun siège se trouvent au sein du gouvernement. Il est vrai que le gouvernement a échoué, mais c’est à cause du système politique qui l’empêche d’avancer.

Le problème des mauvaises mœurs politiques :

Ajoutée à cette cause principale, il y a une énorme crise des mœurs politiques de très bas niveau, qui veut éclabousser jusqu’au président de la République.

La question de la légitimité de chacun:

Le gouvernement ne tire sa légitimité que du document de Carthage. Ses membres n’ont pas été élus. Les députés, eux, tirent leur légitimité de leurs partis. Seul le président de la République jouit d’une légitimité émanant des électeurs.

Pour revenir à Nidaa Tounes, qui a commencé les hostilités ?

« Concernant la crise à l’intérieur de Nidaa Tounes: il faut rappeler qu’elle a commencé au congrès de Sousse dont est issue une Instance politique refusée par tous les partisans. Le premier architecte de ce congrès est, comme tout le monde le sait, Youssef Chahed. C’est, paradoxalement, ce congrès qui a installé Hafedh Caïed Essebsi aux commandes. Il ne s’agirait donc plus de faire endosser maintenant à HCE tous les maux du pays, voire même les coupures d’eau ».

La crise se trouve au niveau du gouvernement.

Il faut commencer par reconnaître l’existance de cette crise, devenue évidente pour tout le monde, y compris dans le domaine des médicaments. Tout le monde y porte sa part de responsabilité, aussi bien au niveau de Nidaa, qu’ailleurs.

Pour revenir à la situation de Nidaa Tounes :

Tout le monde est impliqué par la crise au sein de Nida, ne serait-ce que par sa passivité ou son silence coupable. Mais, attention! La vraie crise réside en l’absence de programme politique, autour duquel on se groupe et on travaille. Tous ceux qui ont quitté doivent revenir pour travailler au parti qui n’est la propriété de personne, surtout pas de l’Instance politique autoproclamée.

Toutefois, le retour des leaders ne sera pas suffisant. Il faudra mettre en place un programme politique fort et surtout organiser un congrès démocratique.

« Et les congrès électifs doivent commencer par la base avant d’arriver au sommet de la hiérarchie, le parti devra être ouvert à tout le monde, et les participations  accessibles à tous ».

Nous n’avons pas fusionné avec le mouvement Ennahdha et nous n’avons, même pas, eu une alliance avec lui. Le système politique tordu nous a intimé de travailler ensemble. Mais nous ne pourrons jamais être pareils. Nous avons chacun son programme et sa vision de la société.

Quelle formule pour se sortir de la crise ?

Il y a plusieurs solutions et j’adhère à l’avis du Président de la République; Chahed devra, soit démissionner, soit passer par la case de l’ARP. Après tout, s’il part, ce ne sera pas la fin du monde. Il peut réintégrer son parti, travailler et faire de la politique comme il l’entend. Le vrai politicien doit rester dans son parti, essayer de le corriger et ne pas déserter. Comme il doit rester commis de l’Etat malgré toutes les injustices et travailler pour l’Etat de n’importe quel poste.

Comment juge-t-il la dernière interview de BCE ?

« Concernant la dernière sortie médiatique de BCE, je pense qu’il a été honnête, franc et sincère. Je me demande pourquoi cet interview a suscité autant de polémique et d’attaques. Ce qui se trame contre la personne du Président de la République est très grave et nous fait trembler, pour la première fois, pour la survie de la république elle-même ».

 

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