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Tunisie [vidéo] : Réduction des salaires dans le public : répercussions des mesures sur les salariés des secteurs concernés

Tunisie [vidéo] : Réduction des salaires dans le public : répercussions des mesures sur les salariés des secteurs concernés

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Récemment, des réductions de salaires ont été décidées dans le secteur public. Elles concernent essentiellement les magistrats, les professeurs universitaires et les médecins. Nous avons mené notre enquête afin de mieux comprendre ces mesures et leurs répercussions sur les catégories concernés.

Pour ce faire, Tunisie Numérique a interviewé tour à tour les représentants de ces secteurs, à l’instar du président du syndicat des magistrats et le secrétaire général du syndicat des médecins et des pharmaciens.

Le Président du syndicat des magistrats : « les réductions ont atteint les 70dt et les négociations avec le gouvernement seront prochainement entamées »

Faiçal Bouslimi, président du Syndicat des magistrats nous a expliqué que les salaires ont été retranchés selon les catégories et les grades au sein du secteur, les réductions sont entre 35 et 70dt et la procédure a déjà commencé depuis janvier 2017. Par ailleurs, il a souligné la place du juge parmi les autres fonctionnaires de l’Etat : « le juge arrive à l’avant-dernière place en terme de salaire en comparaison avec les autres salariés du public et compte tenu de son grade et de ses heures de travail au tribunal et à l’extérieur. »

Selon lui, ces mesures ont eu des conséquences négatives sur le quotidien du juge tunisien, « certains se trouvent dans l’incapacité de payer les frais des soins ou les tranches de leurs prêts bancaires… incapables de posséder une maison ou une voiture… cela ne peut pas durer ».

Par ailleurs, il a appelé les autorités concernés et à leur tête le chef du gouvernement à considérer la proposition du syndicat qui sera prochainement soumise aux autorités concernées.  Celle-ci comprend une vision globale concernant l’établissement de certains privilèges fiscaux et familiaux de nature à compenser les réductions des salaires et de créer un équilibre.

Bouslimi a conclu : « Dans ces conditions, nous ne pouvons jamais représenter un pouvoir dans le pays, l’Etat n’est pas en mesure d’exiger cela des juges ».

Le secrétaire général de la fédération de l’enseignement supérieur : « nos salaires ont été retranchés sans avis préalable »

Concernant les mêmes mesures, le secrétaire général de la fédération de l’enseignement supérieur « Hussein Boujarra »  a déclaré à Tunisie Numérique que les réductions sont situées entre 40 et 60dt dans le secteur de l’enseignement supérieur, toujours selon le grade et l’ancienneté du professeur.

Il a ajouté qu’aucun avis préalable n’a été effectué, ce qui a davantage « choqué » les enseignants.

Pour ce qui est de la solution, des comités ont été formés qui se pencheront sur la question et assureront les négociations avec le gouvernement. Ils seront appuyés par l’UGTT qui a décidé lors de son dernier congrès des augmentations de salaires de 30 à 140dt.

Notons qu’enfin Boujarra a exprimé l’engagement de la fédération à poursuivre ses efforts pacifiques et son ouverture au dialogue et aux différents points de vue concernant ces procédures.

Le Syndicat des médecins : « réduire les salaires est susceptible d’aggraver le phénomène des fuites des cerveaux issus du secteur médical »

Sami Souihli, secrétaire général du Syndicat des médecins et des pharmaciens a de même déploré ces mesures susceptibles de réduire le pouvoir d’achat des employés de secteur médical.

Il a expliqué que ces réductions sont situées entre 25 et 120dt selon le grade, le salaire de base et la catégorie (médecine générale ou médecine de spécialité) soulignant que les médecins n’ont pas été informés de ces mesures.

Cela a créé un sentiment d’injustice parmi les médecins qui veillent jour et nuit à la santé des citoyens. Souihli a de même attiré l’attention sur les difficultés financières de certains médecins du secteur public incapables, tout comme les juges, à faire face aux charges quotidiennes et à payer leurs dettes. Ces facteurs en plus d’autres n’ont fait qu’approfondir la crise et inciter davantage les docteurs à immigrer vers d’autres destinations ce qui constitue une perte pour le secteur, pour l’Etat et pour le pays.

Notons enfin que le syndicaliste a assuré la poursuite des négociations pacifiques avec le gouvernement afin de trouver une issue favorable.

De manière générale, la convergence des points de vue entre les représentants des différents secteurs est une évidence. La réduction des salaires a été considérée dans son ensemble comme une injustice à corriger au plus vite. Elle est en mesure de fragiliser la classe moyenne tunisienne et d’installer un climat de doute et de non-confiance mutuelle entre les salariés et l’Etat.

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