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Tunisie – Vidéo : Tahar Belkhodja : Préparons-nous à affronter Daech. Car çà sera « eux ou nous »

Tunisie – Vidéo : Tahar Belkhodja : Préparons-nous à affronter Daech. Car çà sera « eux ou nous »

Tahar Belkhodja, expert en sécurité et ancien ministre de l’intérieur sous Bourguiba, a délivré à TunisieNumérique ses sentiments, en rapport avec la situation sécuritaire que traverse la Tunisie en ce moment, notamment, avec ce qui se profile à l’horizon comme très probable attaque des forces occidentales contre les sites des terroristes en Libye, et les inévitables retombées d’une telle intervention sur la Tunisie.

Belkhodja a commencé son entretien en déplorant que la Tunisie ne semble pas mesurer la gravité de la situation à sa juste valeur, malgré que le président de la République, a-t-il dit, de même que son chef du gouvernement aient averti que nous étions en guerre. Il se dit étonné qu’il n’y ait eu aucune mesure ni aucune réaction de la part des autorités, pour réagir à cet état de faits.

Pour attirer l’attention sur l’acuité de la situation, Belkhodja a rappelé que pas moins de 4000 tunisiens combattent dans les rangs de Daech. Il s’est, à l’occasion, indigné que les pouvoirs publics aient laissé faire, pendant des années, sans rien tenter pour arrêter cet exode fatal, et a ajouté que la Tunisie aurait du demander à la Turquie de stopper le passage des tunisiens par son sol, vers les champs de guerre.

Maintenant que le mal est fait, a-t-il ajouté, il va falloir nous préparer à affronter cet ennemi. Il a précisé que tout le monde, désormais, connait les desseins de cette organisation, qui pille, tue et brûle tout. C’est un groupe de « sauvages » qui n’entend ni voix de la raison, ni la moindre tentative de compromis. Leur vision, et unique but, c’est de faire du monde, un Emirat islamique. Donc, avec eux, c’est inévitable, c’est « eux ou nous ». Soit on les anéantit, soit notre vie est compromise. Donc, dans cette mesure, nous comprenons que l’occident veuille se prémunir de cette menace qui se rapproche de l’Europe ? Nous sommes, bien sûr, contre une intervention armée contre la Libye, mais, là, il s’agit de cibler des sites terroristes en Libye, ce qui est différent.

La situation est grave en Tunisie, a ajouté notre interlocuteur, car ils bénéficient, déjà, chez nous, de combattants qui se cachent, pour le moment, et aussi de quantités énormes d’armes qui ont été introduites en Tunisie, à la faveur d’un certain relâchement, et ce manège a duré cinq ans.

La situation en Libye ne sera nullement réglée par des frappes aériennes, a-t-il prévenu. Il va falloir attendre la constitution de l’armée libyenne qui aura la tâche de défendre sa patrie contre ces barbares. Le reste du monde ne fera que l’aider et l’appuyer.

Quant à nous, en Tunisie, nous devons nous préparer à toutes les éventualités, y compris, les pires. Nous devons faire confiances à nos troupes, pourvu, seulement, qu’il y ait une coordination totale et parfaite entre les différents corps armés. N’empêche qu’il faudra penser, a-t-il ajouté, à créer un corps armé spécifique pour faire face à cette menace, et pour lisser les corps « classiques » s’occuper de leurs terrains, chacun selon sa spécialité. Il a donné l’exemple de la création des « BOP » (Brigades  d’Ordre Public) en 1967, au lendemain des évènements inhérents à la guerre de 67. Une création qui s’est faite au bout de trois mois seulement. Donc, il faudra penser à créer un corps d’élite spécial pour lutter contre le terrorisme, en s’aidant de l’expertise des formateurs des pays qui en ont l’expérience. Ce corps d’élite devra être préservé des tiraillements politiques et autres. Il devra être totalement indépendant.

Ce système sécuritaire devra, selon notre expert, être, obligatoirement, secondé par un vrai pôle judiciaire capable de traiter avec célérité et sérieux les milliers de dossiers en attente, en formant des juges spécialisés dans les affaires de terrorisme. De même que pour un système carcéral qui doit leur être dédié, pour éviter la contamination des autres détenus et leur recrutement dans les rangs des terroristes.

Il faut aussi, prévoir de bien contrôler et filtrer les migrants qui vont affluer vers la Tunisie, pour éviter l’introduction avec eux, d’éléments terroristes, comme cela s’est passé en Europe lors de la dernière vague de migrations.

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