Tunisie – Y a-t-il un plan pour sauver Tunisair ou veut-on vraiment la vendre ?

La compagnie aérienne nationale, Tunisair était déjà dans une situation financière très difficile, avant la crise du Corona. Et cette épidémie aura fini de l’achever.

Pour rappel, la compagnie de la Gazelle n’a pas, toujours, été dans cette situation. Elle a, depuis sa création en 1948, été rentable jusqu’en 2009, avec cent millions de dinars de bénéfices. Mais après la révolution de 2010-2011, la situation a changé du tout en tout. La révolution a provoqué un inévitable ralentissement économique. La compagnie a vu ses effectifs augmenter jusqu’à 7 500 employés pour l’ensemble du groupe. La masse salariale est montée en flèche de 220 à 380 millions en six ans. Le conflit libyen a aggravé, encore plus, la situation, en bloquant les 69 vols hebdomadaires, avec leurs cinq cent mille passagers par an. Sans oublier une autre perte, puisque les avions s’alimentaient à prix très avantageux en kérosène libyen.

De nos jours, la situation est toute autre. Surtout avec la crise du Covid. Une crise qui a mis en émoi tout le monde du transport aérien, mais sans aucune réaction notable, jusqu’à présent, de la part des décideurs en Tunisie. On serait même tentés de croire que cette situation les arrange dans la mesure où ils voudraient bien la vendre cette compagnie.

Pourtant son PDG n’a pas cessé de crier au désastre, en demandant une enveloppe de soutien de la part de l’Etat, de 100 millions de dinars. Et encore, çà sera, à peine suffisant, pour payer les salaires et primes jusqu’à fin mai. Il a même établi un plan de restructuration avec une stratégie de repêchage qui a été vu en conseil des ministres depuis fin 2019.

Or, l’actuel ministre Anouar Maârouf, en plus du fait qu’il n’a pas l’air d’avoir un plan clair, semble être freiné par des pressions d’Ennahdha qui ne voudrait pas provoquer les syndicats avec un plan de relance. Du moins, pas pour le moment. Ce qui nous ramène à ce qui avait été dit, au moment de la formation du gouvernement, quand plusieurs voix se sont élevées pour revendiquer des ministres techniciens pour les ministères techniques.

Maintenant la situation est telle qu’elle est, avec une compagnie qui sera dans l’incapacité de payer les salaires de juin. Ce qui nécessitera probablement un recours au chômage économique de mai à octobre pour une partie importante de son personnel.

Au total la société est éligible à une déclaration officielle de faillite. Ce qui la rendrait, peut-être plus avantageuse pour une éventuelle reprise et éventuellement expliquer l’inaction de l’Etat face à cette situation dramatique.

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