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Ukraine : menace nucléaire de Poutine, nouvelles sanctions européennes et 176 km² repris par l’armée ukranienne

La semaine a été marquée par une nouvelle montée des tensions entre Moscou et l’OTAN, de nouvelles sanctions européennes liées au transfert d’enfants ukrainiens et des avancées revendiquées par Kyiv dans le Donbass. Au forum de Valdaï, Vladimir Poutine a de nouveau évoqué la possibilité d’utiliser l’ensemble de l’arsenal russe en cas d’attaque, tandis que l’armée ukrainienne affirme avoir repris 176 km² depuis le lancement de son opération « Vivaldi » dans la région de Donetsk.

L’essentiel
  • Vladimir Poutine avertit que la Russie pourrait utiliser « toutes les armes » à sa disposition si son territoire, notamment Kaliningrad, était directement attaqué.
  • L’OTAN appelle Moscou à cesser ses menaces nucléaires et affirme ne constater aucune menace imminente contre son territoire.
  • L’Union européenne sanctionne 10 personnes et 17 entités pour leur implication dans la déportation et le transfert forcé d’enfants ukrainiens.
  • Les autorités ukrainiennes indiquent que plus de 2 600 enfants ont pu revenir en Ukraine, sur environ 20 000 cas recensés par Kyiv.
  • Dans le Donbass, le 3e corps d’armée ukrainien affirme avoir repris 176 km², fait plus de 250 prisonniers russes et infligé plus de 5 000 tués ou blessés depuis le début de l’opération « Vivaldi ».

Poutine remet la menace nucléaire au centre du bras de fer avec l’OTAN

Lors de son intervention au forum de Valdaï, le 1er octobre, Vladimir Poutine a averti que la Russie envisagerait l’utilisation de « toutes les armes » à sa disposition si son territoire faisait l’objet d’une attaque directe.

Le président russe a notamment cité Kaliningrad, enclave russe fortement militarisée située entre la Pologne et la Lituanie.

Poutine a rappelé que la France et le Royaume-Uni disposent eux aussi de l’arme nucléaire, tout en affirmant que la Russie possède des systèmes militaires que ses adversaires ne détiennent pas.

Il a parallèlement assuré que Moscou n’avait « aucune intention d’attaquer qui que ce soit ».

Ces déclarations prolongent un avertissement adressé quelques jours plus tôt à l’OTAN. Moscou avait alors prévenu qu’une tentative d’isoler Kaliningrad pourrait conduire la Russie à envisager l’emploi de son arsenal nucléaire.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a répondu en rappelant que l’Alliance était défensive et en demandant à Moscou de mettre fin à ses menaces nucléaires.

Il a toutefois précisé que l’OTAN ne considérait pas actuellement qu’une attaque russe contre son territoire était imminente.

Cette rhétorique russe est une composante d’une stratégie visant à peser sur les opinions publiques européennes et à fragiliser le soutien occidental à Kyiv. Il cite également les violations d’espaces aériens, les cyberattaques, les accusations de sabotage et les opérations d’influence parmi les instruments attribués à Moscou.

Ces dernières semaines plusieurs gouvernements européens  ont exprimé leurs inquiétudes, le chancelier allemand Friedrich Merz a notamment averti le 1er octobre que l’Europe devait se préparer à de nouvelles opérations hybrides russes, notamment dans les domaines cyber et des drones. Moscou rejette régulièrement les accusations occidentales concernant des actions de sabotage en Europe.

Enfants ukrainiens déportés  : l’UE sanctionne 27 personnes et organisations

Autre développement important de la semaine : le Conseil de l’Union européenne a adopté, le 28 septembre, des sanctions contre 10 personnes et 17 entités supplémentaires.

Bruxelles les considère comme responsables ou impliquées dans la déportation et le transfert forcé d’enfants ukrainiens vers la Russie ou vers des territoires ukrainiens occupés, ainsi que dans des programmes d’assimilation, d’endoctrinement ou d’éducation militarisée.

Parmi les entités sanctionnées figurent notamment le Comité du tourisme de la ville de Moscou, des entreprises de tourisme et de loisirs pour enfants, ainsi que des camps et centres sportifs.

Le président de la République russe du Tatarstan, Rustam Minnikhanov, figure également parmi les personnes visées.

Les sanctions comprennent un gel des avoirs et, pour les personnes physiques, une interdiction d’entrer ou de transiter sur le territoire de l’Union européenne.

Le Conseil de l’UE estime à près de 20 500 le nombre d’enfants ukrainiens déportés ou transférés de force depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. Ce chiffre correspond aux cas recensés et ne permet pas nécessairement d’établir le nombre total réel.

Plus de 2 600 enfants revenus en Ukraine

En parallèle, les efforts internationaux pour retrouver et ramener les enfants se poursuivent.

Lors d’une conférence internationale organisée à Toronto les 28 et 29 septembre, les autorités ukrainiennes ont indiqué que plus de 2 600 enfants avaient désormais été ramenés en Ukraine.

Plus de 50 pays ont signé à cette occasion un engagement visant à renforcer la coopération pour localiser et faire revenir les enfants et autres civils ukrainiens se trouvant en Russie ou dans les territoires occupés.

La Russie conteste l’accusation d’enlèvement systématique et affirme avoir déplacé des enfants pour les protéger des zones de combat.

Les organisations internationales ont cependant documenté des cas de transferts et de déportations depuis les territoires ukrainiens occupés. Un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié en mars 2026 décrit notamment des mesures imposées par les autorités d’occupation ayant privé certains civils d’un véritable choix de rester ou de retourner chez eux.

Dans le Donbass, Kyiv revendique 176 km² repris

Sur le terrain militaire, l’un des principaux développements de la semaine concerne l’opération « Vivaldi », menée par le 3e corps d’armée ukrainien dans le secteur de Lyman, au nord de la région de Donetsk.

Le président Volodymyr Zelensky s’est rendu le 30 septembre au poste de commandement du 3e corps pour examiner les résultats des trois premières phases de l’opération.

Selon le bilan communiqué par l’armée ukrainienne, ses forces ont repris depuis le début de l’offensive 176 km² de territoire.

Kyiv affirme également que les forces russes ont subi plus de 5 000 tués ou blessés au cours des trois phases et que plus de 250 militaires russes ont été faits prisonniers.

Des véhicules blindés transformés en robots kamikazes

L’opération attire également l’attention par les moyens utilisés.

Le 3e corps ukrainien affirme avoir transformé d’anciens véhicules blindés soviétiques BTR-60 en véhicules terrestres sans pilote chargés d’explosifs, utilisés pour détruire des positions fortifiées russes avant l’assaut de l’infanterie.

Kyiv affirme également avoir frappé les positions de lancement de drones de l’unité russe « Rubikon ».

Selon le récit du commandement ukrainien, la troisième phase de « Vivaldi » reposait en partie sur une manœuvre de diversion destinée à attirer les réserves russes vers un axe secondaire avant de concentrer l’attaque sur le secteur de Nove.

La Russie conteste officiellement l’ampleur des gains annoncés par Kyiv. Toutefois, l’Institute for the Study of War et son partenaire Critical Threats ont relevé que plusieurs blogueurs militaires russes proches de la guerre avaient eux-mêmes reconnu des difficultés dans ce secteur et critiqué le ministère russe de la Défense pour avoir minimisé les revers.

Zelensky a annoncé que la planification d’une quatrième phase de l’opération « Vivaldi » était désormais engagée.

Une semaine marquée par deux formes de pression

Les événements de cette semaine illustrent deux dynamiques parallèles.

Sur le terrain, Kyiv cherche à démontrer qu’il conserve une capacité de reprendre localement l’initiative malgré la pression russe dans l’est du pays.

Sur le plan international, l’Union européenne poursuit une stratégie de sanctions ciblant non seulement les secteurs économiques et militaires russes, mais aussi les responsables et organisations impliqués dans la politique menée dans les territoires occupés.

Dans le même temps, la multiplication des références russes à l’arme nucléaire et les tensions autour de Kaliningrad font remonter au premier plan le risque d’une confrontation directe entre Moscou et l’OTAN.

Pour l’Alliance, une telle confrontation n’est pas considérée comme imminente. Mais les incidents militaires, les opérations hybrides et la rhétorique nucléaire rendent la gestion du risque d’escalade de plus en plus centrale dans la guerre en Ukraine.

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