Société

Un expert tranche : l’article de « la voiture exonérée » n’est qu’un mirage législatif !

Article inapplicable et relève davantage du mirage..

    L’article 55 du projet de loi de finances 2026, récemment adopté, continue de susciter un vif débat public. Présenté comme un dispositif permettant aux familles tunisiennes d’acquérir une voiture exonérée de droits et taxes, il se révèle, selon l’économiste Ridha Chkoundali, pratiquement impossible à appliquer. L’expert met en lumière une série d’obstacles techniques, juridiques et économiques qui transforment cette promesse en mesure « quasi irréalisable ».

    Les limites de l’option fondée sur la « donation des Tunisiens à l’étranger »

    Pour bénéficier d’un véhicule exonéré via une « hiba » provenant d’un Tunisien résidant à l’étranger, la procédure exigerait que ce dernier paie le véhicule en devises, avant d’être remboursé en dinars en Tunisie.
    Une telle opération équivaut, selon Chkoundali, à un échange de devises hors des circuits officiels, ce qui contrevient au cadre réglementaire du banque centrale.

    En outre, l’opération ne peut être comptabilisée en tant qu’importation que si elle s’accompagne d’une sortie équivalente de devises depuis les réserves du pays. Or ce n’est pas le cas dans ce mécanisme, ce qui le rapproche davantage de l’économie parallèle, ne pouvant être intégré ni au déficit commercial ni à la balance des paiements.

    L’expert met également en garde contre les risques de fraudes : la voiture doit être achetée au nom du donateur, importée, puis revendue par acte officiel à la famille bénéficiaire — un enchaînement complexe qui ouvre la voie à des pratiques de contournement et de faux contrats.

    Une « allocation touristique » incapable de financer une voiture

    La deuxième modalité, basée sur l’utilisation de l’allocation touristique, apparaît tout aussi impraticable.
    Son montant est insuffisant pour couvrir l’achat d’une voiture, et son utilisation suppose l’obtention préalable d’un visa, une procédure souvent longue et inaccessible pour une grande partie des familles visées.

    Ainsi, cette option demeure largement théorique et ne peut constituer une voie crédible pour accéder au véhicule exonéré.

    Le recours au change via la Banque centrale se heurte à la réalité des réserves

    La troisième solution envisagée consiste à obtenir un avis de change de la Banque centrale. Mais cette démarche dépend directement du niveau des réserves en devises.

    Or, rappelle Chkoundali, la Banque centrale ne peut permettre à ces réserves de descendre sous le seuil critique des 90 jours d’importations. Elle doit en effet assurer en priorité :

    • le remboursement de la dette extérieure
    • l’importation de produits essentiels
    • l’approvisionnement en médicaments
    • l’achat de matières premières nécessaires à l’industrie

    Dans ce contexte, mobiliser des devises pour financer l’importation de voitures particulières est, selon l’expert, hors de question.

    « Pourquoi promettre aux Tunisiens ce qui ne peut être réalisé ? »

    Ridha Chkoundali conclut que l’ensemble de ces obstacles rend l’article 55 inapplicable dans sa forme actuelle.
    Il déplore une communication politique qui entretient l’illusion d’un avantage important et accessible, alors que les contraintes économiques du pays ne permettent pas de concrétiser cette promesse.

    Pour lui, le risque est clair : vendre un rêve irréalisable à un citoyen déjà éprouvé par la hausse du coût de la vie, la dépréciation du dinar et les pressions fiscales.

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