Les compagnies aériennes africaines font face à des retards et des annulations en raison d’une pénurie mondiale de pièces détachées pour avions, immobilisant des appareils à travers le monde.
Les plus petits transporteurs sont les plus durement touchés, chaque compagnie ayant terminé l’année avec au moins un avion cloué au sol. Selon une étude de l’Association du transport aérien international (IATA), cette crise devrait coûter plus de 11 milliards de dollars au secteur de l’aviation cette année.
La crise que connaît la production mondiale d’avions et de pièces détachées pourrait coûter très chère aux compagnies aériennes africaines, toutes en phase de renforcement de leurs flottes tandis que les problèmes dans la chaine d’approvisionnement de l’industrie aérospatiale retardent la production de nouveaux aéronefs et de pièces de rechange, de sorte que les compagnies aériennes doivent réévaluer la planification de leurs flottes et, dans plusieurs cas, maintenir en fonction des appareils plus vieux pour une période prolongée.
Cette crise touche particulièrement les compagnies aériennes africaines fragiles dans leur majorité. Ces perturbations se traduisent d’abord par des retards de livraison d’avions et de pièces de rechanges y compris les moteurs. Cette turbulence fait que de nombreuses compagnies fonctionnent avec une partie de leur flotte clouée au sol faute de pièces de rechange. Les livraisons d’avions se font au compte-gouttes pour de nombreuses compagnies du continent caractérisées par leur petite taille.
Plusieurs situations de blocages mettent en exergue une réalité bien connue dans le secteur : la dépendance de l’Afrique aux chaînes de production et de maintenance extérieures. Peu de pays sur le continent disposent d’infrastructures de production ou de MRO (maintenance, réparation et révision) de standard international, ce qui oblige les compagnies à envoyer leurs appareils en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie pour l’entretien. Cette dépendance accroît les coûts logistiques et allonge les délais d’immobilisation, surtout en période de pénurie de pièces et de capacités industrielles.
Selon l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), la flotte commerciale africaine comptait 695 avions en 2023, aucun n’étant fabriqué localement et la plupart étant réparés à l’étranger. D’après ses estimations, 1650 nouvelles livraisons sont prévues au cours des 20 prochaines années.
À cela s’ajoute le prix élevé du kérosène, 17% plus cher en Afrique qu’ailleurs selon l’IATA, les taxes et redevances 12 à 15% plus élevées, ainsi que les coûts d’assurance excédant de 6 à 10 % la moyenne mondiale. Un ensemble d’éléments limitant les marges des compagnies africaines, qui en 2024, ont gagné en moyenne à peine 1 $ par passager transporté, contre plus de 27 $ au Moyen-Orient et une moyenne mondiale de 7,2 $.
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