Plusieurs régions de Tunisie connaissent depuis quelques jours de fortes perturbations météorologiques, marquées par des pluies abondantes dépassant les 200 mm dans de nombreuses zones. Ces précipitations ont provoqué des crues d’oueds, la formation de torrents et d’importantes perturbations de la circulation, notamment dans les gouvernorats du Grand Tunis, de Nabeul et de Monastir.
Un épisode climatique exceptionnel
Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique ce mercredi 21 janvier 2026, l’expert en environnement et en climat Adel Hentati a indiqué que ce type de situation avait été observé pour la première fois en Tunisie en 1952. Il a rappelé que l’Observatoire Copernicus avait annoncé l’arrivée sur le pays d’une masse d’air polaire très froide et fortement chargée en humidité, avec des températures ne dépassant pas les 20 degrés.
Il a souligné que l’enregistrement de 254 mm de pluie en moins de trois heures dans certaines régions constitue un phénomène extrêmement rare, même à l’échelle mondiale. Ce volume exceptionnel s’explique par le contraste thermique entre la masse d’air polaire en altitude et la mer Méditerranée encore chaude, favorisant une forte évaporation et la formation de nuages cumulonimbus très développés, accompagnés de vents violents et de vagues atteignant jusqu’à trois mètres dans la région du Cap Bon.
Fréquence accrue des masses d’air froid
Concernant la fiabilité des prévisions météorologiques, Adel Hentati a affirmé que l’Institut national de la météorologie s’appuie sur des données fiables issues des mêmes images satellitaires que celles de Copernicus, tout en précisant que l’interprétation peut varier selon l’analyse et la mise en perspective historique, notamment à la lumière d’épisodes similaires liés au « retour d’est » observés en 1951 et en 1969.
L’expert a indiqué que les perturbations se poursuivent actuellement, mais avec une intensité moindre. Le fait marquant réside dans la multiplication des masses d’air froid d’origine polaire sur une courte période, alors qu’elles survenaient auparavant à un rythme plus espacé. Deux vagues froides ont déjà concerné la Tunisie ces derniers jours, sans que les données actuelles ne permettent de confirmer leur poursuite jusqu’à la fin de la semaine.
Des prévisions sous le signe de la vigilance
Adel Hentati a enfin souligné que ces phénomènes s’inscrivent dans le contexte du changement climatique, marqué par une amplification des événements extrêmes. Selon les données de Copernicus, une nouvelle masse d’air froide, d’intensité limitée, pourrait encore traverser la région, entraînant des pluies sur les zones montagneuses et localement des chutes de grêle, avant de se diriger vers la Méditerranée et de provoquer, sous l’effet du retour d’est, des précipitations modérées sur les régions côtières.
Pour lundi prochain, la probabilité de nouvelles pluies est estimée à 40 %. Face à ce scénario, l’expert a appelé les citoyens à la vigilance et à la prise de toutes les mesures préventives nécessaires, notamment le nettoyage des oueds, des canalisations et des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, afin de limiter les risques de crues et d’inondations.
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