Economie

Vers des caisses de dépôt qui transforment l’Afrique

Vers des caisses de dépôt qui transforment l’Afrique

    Les caisses de dépôt représentent une piste pour capter davantage les ressources privées locales en Afrique, où les besoins d’investissement pour les Objectifs de développement durable atteignent 1 600 milliards de dollars par an en Afrique subsaharienne d’ici 2030.

    Selon un rapport de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI), publié le 2 décembre, ces institutions à capital public majoritaire collectent des dépôts obligatoires et de l’épargne pour les orienter vers des projets structurants.

    Face au déclin de l’aide publique et à la préférence des investissements, elles offrent un financement stable en monnaie locale étrangère, aligné sur les priorités nationales comme les infrastructures ou les énergies renouvelables.

    Un potentiel encore inexploité

    Plusieurs pays africains ont lancé ces caisses ces dernières années, avec une accélération en Afrique francophone : le Sénégal en 2006, suivi du Gabon, de la Mauritanie, de la Tunisie, du Niger, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Burkina Faso et du Congo.

    Des initiatives émergentes au Mali et en République démocratique du Congo pour 2025, tandis que d’autres nations comme le Togo ou le Burundi manifestent leur intérêt. Ces structures gèrent des fonds propres de l’État, des consignations de mineurs ou de prisonniers, des dépôts de notaires et huissiers, ainsi que de l’épargne réglementée, mais leur rôle reste limité par une faible allocation effective de ces ressources.

    Bâtir la confiance des déposants

    La méfiance envers ces institutions freine leur développement, en raison d’une méconnaissance de leur fonctionnement et à des retards dans les transferts légaux de fonds. Des campagnes de sensibilisation s’imposent pour expliquer leur mission de sécurisation et d’investissement, complétées par un cadre légal adopté par le Parlement plutôt que par décret.

    Un diagnostic précis des ressources disponibles, associé à une collaboration avec banques et administrations, permet d’élargir la base des dépôts, y compris en zones rurales, via des produits d’épargne simples et rémunérateurs adaptés à la population et à la diaspora.

    Améliorer la gouvernance et la diversification

    Les caisses doivent adopter une structure avec une commission de surveillance pour les orientations stratégiques et une direction pour la gestion quotidienne, assortie d’une transparence via des rapports financiers réguliers.

    Diversifier les produits, inspirés du livret A français ou de l’épargne postale, et promouvoir l’alphabétisation financière favoriserait l’inclusion, alors que seulement 35% des ménages épargnent formellement et que l’épargne intérieure équivaut à 15% du PIB. Intégrer les banques locales et cibler la diaspora, qui a transféré 54 milliards de dollars en 2023, renforcerait leur impact.

    Ces mesures permettront aux caisses de dépôt de transformer l’épargne nationale en investissements durables, notamment la dépendance extérieure et soutenant la souveraineté économique africaine.

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