Vidéo-Tunisie: Les opinions de la classe politique sur le rendement du Gouvernement en place

La montée du front social enclenché, ces derniers jours dans le pays avec la multiplication des sit-ins, grèves et autres formes de protestation,  a suscité un large débat dans l’opinion et au sein de la classe politique autour du rendement du nouveau gouvernement de transition dirigé par le premier ministre Hamadi Jebali.

L’opinion s’est scindée en deux. Ceux qui expliquent ces événements  par l’échec du gouvernement alors que d’autres estiment que ce cabinet n’a pas encore eu assez de temps pour être jugé. Ces derniers ont dénoncé des agissements mus par des considérations politiciennes.

PDP: L’avenir repose sur la capacité du Gouvernement à présenter un programme ramenant la confiance au citoyen

Interrogé par Tunisie-Numérique, le président du PDP Ahmed Nejib Chebbi a indiqué que cette situation découle du fait que le citoyen a été trompé et illusionné en lui faisant croire que le Gouvernement précédent et le retour des anciens du régime déchu représentent un danger et sont un obstacle devant la réalisation de leurs revendications. Et de ce fait, il fallait une rupture. Les gens ont voté en faveur des  forces qui appellent à cette rupture.
M. Chebbi a indiqué que l’heure de vérité a sonné, ces forces politiques et les gens attendent que cette rupture réponde à leurs revendications.

Malheureusement, a-t-il poursuivi, beaucoup de temps précieux a été perdu  dans des débats politiques entre les partis de l’alliance gouvernementale ce qui a contribué à la multiplication des manifestations à travers le pays.

Mais pour le président du PDP, l’important c’est l’avenir qui repose sur la capacité du Gouvernement à présenter un programme ramenant la confiance aux citoyens. Le Gouvernement devra écouter les citoyens et présenter un programme et des mesures pratiques instaurant la confiance.

Ennahdha : C’est injuste de juger le rendement d’un gouvernement qui a à peine un mois d’existence

Kamel Ben Romdhane,  Député Ennahdha de la région de Sousse, a affirmé que  juger le Gouvernement actuel pour avoir échoué ou réussi, est injuste. Il a expliqué que ce n’est que le 23 novembre 2011 que de la première session de la Constituante a été tenue soit il y a deux mois et  le gouvernement n’a que  trois semaines d’existence. Donc, c’est peu de temps.

Pour Ben Romdhane, il a convenu que des solutions pratiques et urgentes doivent être prises par le Gouvernement. Les solutions pratiques doivent, selon lui, débuter par une étude avant d’apporter les solutions et ce n’est qu’après un diagnostic scientifique qu’on peut agir.
Il a conclu que le jugement d’échec porté contre le gouvernement a pour motivation des arrières pensées politiques.

Mouvement du peuple: Le Gouvernement est dans l’embarras et la solution est politique

Pour Mohamed Brahmi, coordinateur général du Mouvement du Peuple et député de la circonscription de Sidi Bouzid, le Gouvernement actuel n’a pas trouvé d’issue adéquate pour sortir de l’engrenage.
Il a affirmé que le problème qui se pose est éminemment politique et la solution ne peut être que politique.
Pour lui, la majorité à la Constituante a pensé que seules les urnes leur ont donné la légitimité et de ce fait veulent gérer le pays en fonction du principe de majorité face à une minorité.  Il a, à ce sujet,  affirmé que la majorité n’a pas réussi à diriger le pays.
Il a plaidé pour le retour au consensus qui a depuis la Révolution permis de gérer le pays.
Il a aussi indexé les promesses électorales non satisfaites par la coalition, à savoir,  la création de plus de 400.000 emplois et la construction d’hôpitaux et autres.
Le Gouvernement est perturbé et il n’a pas réussi, après un mois de prise des fonctions, à effectuer quelconque réalisation ou à rassurer les citoyens.

Ettaktol : Il est difficile de juger un Gouvernement  d’un mois.

Salah Chouaïb député du parti Ettakatol composant la troïka au pouvoir, a soutenu que procéder par des appréciations négatives ou positives sur le Gouvernement actuel actuel serait une erreur.
Toutefois, il a appelé les députés et membres du Gouvernement à se déplacer sur le terrain pour expliquer que ces sit-in sont graves et portent atteinte à l’économie. Ces mouvements sociaux sont contre les objectifs de la révolution, a-t-il martelé.

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