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[Vidéo+Photos] : Qui est Bassem Khayati, le tunisien repéré par Jackie Chan et qui a percé dans le monde très fermé du cinéma d’action ?

Bassem Khayati, 31 ans, est une véritable « Success Story » qui prouve encore une fois que le talent tunisien n’a pas de limites. Parti en Chine il y a 10 ans à l’âge de 20 ans pour effectuer un stage d’un an dans son art martial de spécialité le Kung Fu, le jeune homme se décide après 8 mois de s’installer dans le vaste Empire du Milieu, une décision brave qu’il ne va d’ailleurs pas regretter. Petit à petit, avec détermination et confiance, le jeune tunisien originaire du Kef s’est établi une véritable réputation d’entraîneur, a fondé son propre club au cœur de Pékin de cette discipline typiquement chinoise, et a même animé des émissions chinoises sur ce sport… ses performances lui ont ouvert progressivement les portes du cinéma d’action, jusqu’à ce qu’il soit repéré par Jackie Chan.

En Tunisie pour quelques temps avant de retourner en Chine, Tunisie Numérique a saisi l’occasion pour interviewer le jeune artiste martial et acteur de film d’action, qui œuvre comme il l’a lui-même affirmé à transmettre une image positive du Tunisien partout dans le monde. Particulièrement humble et souriant, le jeune acteur nous a ouvert le cœur.

Nous l’avons interviewé sur sa passion le Kung Fu, sa vie en Chine, ses premiers rôles et ses projets futurs. Ce qu’il nous a révélé est simplement étonnant.

Plutôt que l’Europe, mon choix s’est porté sur la Chine…

Alors que la majorité des petits garçons tunisiens se passionnent pour le foot, Bassem Khayati éprouvait une fascination unique pour le Kung Fu qu’il a essentiellement découvert via les films de Bruce Lee et de Jackie Chan. De part son caractère, il préfère se jeter dans l’eau plutôt que de rester spectateur. Il commence alors à s’entraîner dans une salle de sport à El Madina el Jadida à Ben Arous, et le master Yakdhane, le premier à avoir entraîner le Wushu (une variété du Kung Fu) en Tunisie, veille à lui transmettre les valeurs et les techniques de ce sport philosophique.

Une occasion de stage se présente en 2007, Khayati a 20 ans quand il décide d’investir un héritage dans le financement de son voyage. Son audace va finir par payer.

Les débuts dans l’Empire de Milieu, « rien ne s’obtient facilement »

Pour subvenir à ses besoins dans le vaste pays qui est la Chine, éloigné de sa famille et de ses amis, Bassem exerce comme serveur puis loue un petit espace pour apprendre le Kung Fu aux enfants des diasporas arabes en Chine. Progressivement, avec l’aide de sa future femme chinoise à l’époque (il est actuellement marié et père d’un enfant), Bassem s’impose en tant qu’entraîneur de haut niveau, ouvre son propre club, et entraîne des centaines de chinois et d’arabes au cours de ses premières années en Chine. Il présente notamment une émission télévisée sur CCTV, à propos du sport national chinois numéro 1. A propos, Bassem confie : « rien ne s’obtient facilement, une porte en ouvre une autre mais il faut absolument faire le pas, croire en soi, en ses capacités et, aller de l’avant. »

Quand Jackie Chan m’a repéré lors d’un tournage…

Pour Khayati, malgré son succès en tant qu’entraîneur, son rêve d’enfant de tourner dans des films d’action l’a poursuivi. Encouragé par sa femme, il se lance dans les castings. Le premier n’étant pas fructueux, Khayati se prépare mieux pour le second et obtient son premier rôle de cascadeur en 2013 dans le film international à grand budget, Dragon Blade. Pour info, le film de guerre et d’action a rapporté rien qu’en Chine plus de 120 millions de dollars, avec en tête d’affiche des acteurs de renommée mondiale comme Jackie Chan, Adrien Brody et John Cusack.

Bassem devait à la base tourner durant 5 jours avant que Jackie Chan ne remarque ses talents et lui propose un rôle véritable dans le film au lieu de tourner comme cascadeur. Bassem fait de son mieux et reste près de 6 semaines sur les lieux du tournage, une expérience unique dans la carrière du jeune tunisien.

A propos de Jackie Chan, Khayati ne cache pas son admiration pour l’homme qu’il décrit comme « particulièrement actif, discipliné, respectueux et passionné par son travail. » C’est sans compter le fait que depuis ce film Bassem Khayati n’a pas cessé d’évoluer véritablement comme acteur, en décrochant des rôles variés et enrichissant son expérience.

Le Film Carthage… les projets d’avenir, pour que le rêve se poursuit…

Actuellement, Bassem travaille sur le film Carthage, qu’il veut coproduit par la Chine et la Tunisie. Il a entamé les négociations avec le ministère des Affaires Culturelles et son objectif principal est de prouver la qualité des tunisiens en matière de cinéma d’action,  tout en faisant connaitre mieux le pays. Il rêve d’ouvrir une école de cinéma d’action en Tunisie, et participer à faire émerger de véritables acteurs et artistes martiaux tunisiens.

Bassem Khayati tend aussi à attirer de grands projets cinématographiques à effectuer des parties de leurs tournages en Tunisie et populariser ainsi la destination tunisienne pour le touriste et investisseur asiatique.

Le jeune acteur considère chaque tunisien à l’étranger comme un ambassadeur de son pays, qui se doit de faire découvrir la Tunisie sous son meilleur jour, notamment via sa personnalité, ses valeurs et sa compétence.

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