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[Vidéo+photos]: En route pour demander l’asile en Australie, une saoudienne vit le cauchemar du retour forcé en Arabie Saoudite

Une saoudienne nommée Dina Ali et âgée de 24 ans, a tenté de fuir son pays et demander l’asile en Australie, toutefois, durant son escale aux Philippines, les autorités l’ont arrêté et lui ont interdit de prendre son avion en direction de Sydney.

La jeune femme a depuis l’aéroport lancé un appel vidéo déchirant au secours aux organisations internationales, affirmant que si elle renvient en Arabie Saoudite, elle sera tuée. En effet, l’ambassade saoudienne a contacté les autorités aux Philippines afin de l’extrader vers son pays d’origine. Malgré l’implication d’AMNESTY International qui a demandé aux Philippines de laisser la jeune femme partir en Australie, tout comme des ONG saoudiennes et étrangères, cet appel n’a pas été pris en considération, et la jeune femme a bel et bien fini par la rapatrier.

 

Le site philippin Inquirer rapporte que Dina Ali a atterrit à Djeddah le soir du 10 avril 2017. Des témoins parmi les employés ont indiqué qu’elle n’a pas arrêté de crier qu’ « ils vont la tuer ». Des délégués de l’ambassade l’attendaient avec un homme qui a prétendu être son père, mais il s’est avéré qu’il s’agit de son oncle. Aussi, quatre 4 x 4 appartenant à la police l’attendait, comme s’il s’agissait d’une dangereuse criminelle.

Par ailleurs, une activiste saoudienne pour les droits de la femme au sein du mouvement SAFE a été sur place pour décrire dans une vidéo qui ne montre pas son visage, comment des membres de la famille de Dina l’ « ont maltraité, frappé et traité monstrueusement comme un porc ». Elle a ajouté, « on lui a collé du ruban adhésif sur la bouche… Dina est perdue, Dina est perdue ».

Une autre activiste a publié les photos des billets d’avion de Dina pour l’Australie, d’autres encore une photo présumée de son oncle qui s’est passé pour son père. L’activiste Héla Al Dosari, a par ailleurs rappelé sur Twitter le sort malheureux réservé aux filles qui fuguent en Arabie Saoudite. Elles vont en effet dans des centres pour mineurs ou en prison selon l’âge, elles pourront passer des mois en prison en plus de la flagellation.

Notons que cette tendance féminine à fuir le royaume wahhabite, motivée par les restrictions sur la vie des femmes et l’obligation de la présence d’un tuteur masculin à vie pour la moindre tâche à l’extérieur, s’est particulièrement proliférée. L’ouverture progressive de la femme saoudienne, de certains hommes qui soutiennent le mouvement de libération de la femme et la nouvelle conscience des droits de la femme au royaume ont joué un rôle déterminant dans l’évolution de ce phénomène. Malheureusement pour Dina, son courage n’a pas été récompensé. Sa tentative audacieuse a échoué.

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