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Violence en ligne : 60 % des femmes ciblées, appel urgent à compléter la loi 58 [Déclaration]

    Au micro de Tunisie Numérique, la militante et défenseuse des droits humains Neila Zoghlami est revenue sur les chiffres alarmants publiés récemment par le Fonds des Nations unies, révélant que 60 % des femmes ont été victimes de violence sur les réseaux sociaux.

    Un phénomène qui, selon elle, n’est pas moins grave que les autres formes de violence, mais qui entraîne des conséquences sociales et psychologiques encore plus lourdes.

    Zoghlami a souligné que la cyber-violence peut provoquer une détérioration profonde de l’état psychique, favorisant la dépression, l’isolement, voire dans certains cas, conduire au suicide.

    Les militantes, activistes et femmes engagées dans la vie publique constituent la catégorie la plus exposée : insultes, menaces, campagnes de diffamation et harcèlement ciblé les poussent, dit-elle, à quitter la vie politique ou à réduire leurs activités par peur et intimidation.

    Selon Neila Zoghlami, la Tunisie dispose déjà de la loi organique 2017-58, un texte majeur qui définit et criminalise toutes les formes de violence à l’égard des femmes, physique, morale, économique, sexuelle ou politique.

    Cependant, malgré sa portée, la loi 58 ne comporte pas encore de protocole spécifique dédié à la cyber-violence, ce qui limite les possibilités de poursuites judiciaires.

    Le décret 54, souvent évoqué dans les débats, reconnaît la dangerosité de la violence numérique, mais Zoghlami estime qu’il n’est pas adapté pour répondre à la réalité des violences ciblées contre les femmes.

    Elle souligne en outre que les défenseuses des droits humains sont nombreuses à refuser d’engager des poursuites sur la base du décret 54, qui reste controversé, préférant appeler à un protocole complémentaire rattaché directement à la loi 58.

    Ce protocole, selon elle, permettrait :

    • de définir précisément la cyber-violence dirigée contre les femmes,

    • de mettre en place des mécanismes de plainte et de protection adaptés,

    • d’assurer une prise en charge spécifique,

    • et de poursuivre efficacement les auteurs de harcèlement numérique.

    Zoghlami conclut en affirmant que la protection des femmes contre la cyber-violence est aujourd’hui une urgence nationale, d’autant plus que la sphère numérique est devenue un prolongement réel de la vie publique et politique.

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