La Chine et sa montée en puissance inexorable, devant l’impuissance des rivaux, les USA et l’Union européenne (UE) dans une moindre mesure. Ils ne savent plus quoi inventer devant les fulgurances de Pékin, dans tous les domaines. Tenter de dompter l’ogre pour calmer ses appétits, c’est ce que le président français, Emmanuel Macron, a encore essayé de faire les 4 et 5 décembre, sans succès à en croire les annonces officielles. Si ce voyage avait donné quelque chose Macron n’aurait pas menacé dès son retour de frapper avec « des droits de douane » si la Chine ne réduit pas le déficit commercial avec l’UE…
Macron copie Trump qui l’avait copié avant
Tiens, le chef de l’Etat français fait du Donald Trump maintenant, comme si les droits de douane pouvaient faire tiquer le colosse chinois. Paris aurait-il oublié, déjà, la déconfiture de Washington face à Pékin, après sa grandiloquence sur les surtaxes ? Tout le monde se rappelle comment cette affaire a fini : Une capitulation en rase en campagne, après les « piqûres de moustique ». Cela s’est terminé par des négociations en Suisse, à la demande des USA.
Et la France, l’UE, voudraient réussir là où la première puissance économique mondiale – pour combien de temps encore ? – a échoué. Pourtant Macron a mis la forme, cette fois il n’est pas venu chez son homologue chinois flanqué de la présidente de la Commission européenne, la très décriée – par les Européens – Ursula von der Leyen. Le chef de l’Etat français a voyagé seul parce qu’il ne voulait pas donner l’impression au président Xi Jinping que l’UE a une posture guerrière…
Macron a reçu tous les honneurs dus à son rang, aucune fausse note diplomatique, avec même des effluves de complicité dans l’air. Mais in fine le président français est reparti sans rien, exactement comme en avril 2023, chaperonné par Mme von der Leyen. Ce voyage avait profondément le président Trump et il ne s’était pas gêné pour dire tout le mal qu’il pense de Macron et des Européens. Le même Trump qui a fait le déplacement jusqu’à Séoul fin octobre dernier pour rencontrer le président chinois. Comme quoi il ne faut pas se fier aux emportements du républicain.
Personne n’a pu passer à côté des propos lénifiants, des courbettes du président américain face à son homologue chinois, qui lui était resté de marbre. A partir de là les choses étaient limpides : le véritable patron du monde c’est Xi, pas Trump. Une attitude confirmée par la mollesse du locataire de la Maison-Blanche sur Taïwan et corroborée par sa tiédeur dans le fameux document « National Security Strategy 2025 » (NSS). L’UE a été descendue en flammes, pas la Chine (ni les autocrates des pays du Golfe).
Ce qui terrifie Américains et Chinois c’est la puissance militaire chinoise, dont les progrès sont vertigineux. A côte de ça il y a les performances de la 2e économie de la planète. Elle sont telles que l’excédent commercial de la Chine, qui était déjà stratosphérique, a dépassé pour la première fois le seuil des 1000 milliards de dollars en 2025, selon les données officielles publiées ce lundi 8 décembre.
Pékin peut dire un grand Merci à Washington
Et Trump qui croyait lester son concurrent direct en surtaxant. En fait la seule chose qu’il a réussi à faire c’est obliger les Chinois à se creuser les méninges pour déporter leur commerce extérieur vers d’autres régions du monde, principalement l’Europe, l’Afrique et l’Orient. Cela a tellement marché que le recul des livraisons vers les États-Unis a été compensé au-delà de toutes les espérances. Pékin peut dire un grand Merci à Washington.
Le solde positif des échanges de la Chine avec le reste du monde, de janvier à novembre dernier, s’est hissé à 1080 milliards de dollars, a précisé l’administration des Douanes. « L’excédent commercial de la Chine cette année a déjà dépassé celui de l’année dernière, et nous prévoyons qu’il augmentera encore l’année prochaine« , mentionne dans une note Zichun Huang, de Capital Economics.
Les exportations de la Chine affichaient une hausse de 5,9% en novembre sur un an, un rythme plus soutenu que prévu. A côté de ça le repli de 28,6% vers les USA durant la même période est anecdotique. Le chiffre global des exportations est encore meilleur que les prévisions de l’agence Bloomberg, qui s’était arrêtée à une progression de 4% au meilleur des cas. Pourtant en octobre 2025 on en était à une baisse de 1,1% des exportations sur un an.
En face les importations s’établissaient à +1,9% à peine sur un an en novembre dernier, bien moins que les 3% prédits par Bloomberg. Clairement la consommation intérieure s’essouffle, les Chinois ferment les cordons de la bourse alors qu’ils vendent à tour de bras à l’extérieur. Cela a le don d’irriter profondément l’UE et les USA, mais que peuvent-ils bien y faire à part les coups d’épée dans l’eau que sont les surtaxes ? Des coups qui entraînent automatiquement des représailles et elles font très mal, aux Américains surtout.
Le protectionnisme de l’administration Trump « accroît nos problèmes en redirigeant les flux chinois massivement sur nos marchés« , a confié le président français au journal Les Echos. Après Macron le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a pris la direction de Pékin, il y est jusqu’à demain mardi. Pour y faire quoi ? Il y cherche sans doute la même chose que le président français : tenter de convaincre d’acheter plus de produits européens, notamment les voitures allemandes dont les Chinois raffolaient tant. Oui mais ça c’était avant l’émergence des ténors chinois BYD, SAIC, Geely, Chery, Great Wall, etc.
L’UE fulmine, freine tout ce qu’elle peut, cela n’a pas empêché la Chine de reprendre sa place de 1er premier partenaire commercial de l’Allemagne, au grand dam des USA. La suite elle est terrible pour les Européens et c’est l’ancien ministre français Luc Ferry qui nous l’a donnée, sur LCI, hier dimanche 7 décembre : «En 2035, la Chine se frotte les mains, elle va nous pulvériser».
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