Yemen: Saleh refuse de partir, les violences se multiplient, et les américains en profitent

Après plus de huit mois de soulèvement populaire contre le Président Ali Abdallah Saleh et son régime, le pays a encore été ce week-end le théâtre de fortes violences.

Le samedi 15/10, 29 victimes sont recensées parmi les centaines de milliers de manifestants à la capitale Sanaa. Parmi eux, 10 combattants de S. Al Ahmar, tués dans les affrontements avec les militaires de Cheikh S. Ben Aziz, fidèle au Président Ali Abdallah Saleh.

Dans la nuit du samedi, au moins 8 personnes tuées lors de bombardements à Sanaa entre les forces du Président Saleh et les militaires ralliés à la contestation, selon l’AFP. Le frère du Cheikh S. Ben Aziz, député et chef de tribu soutenant le Président, a été tué lors d’affrontements à Al Hassaba.

Dimanche 16/10, selon l’AFP, 4 civils et 2 soldats dissidents sont tués, par les forces du Président Saleh, qui avaient ouvert le feu sur des manifestants réclamant sa démission.

Par ailleurs, les Américains ont intensifié leurs frappes aériennes contre des cibles de la branche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique, AQPA, tuant au total 9 militaires. Parmi les victimes, figure notamment Abderrahmen Al Awlak, fils d’Anwar Al Awlak, tué le 30/9 dans une précédente frappe de drone américain.

Vendredi soir 14/10, une attaque aux lance-roquettes aurait été perpétrée par des terroristes d’Al Qaïda contre le gazoduc alimentant le terminal de Balhaf sur le Golfe de Aden, provoquant une explosion et un incendie ainsi que l’arrêt immédiat de la production et des exportations de gaz. Tout le personnel étranger a été évacué par avion vers Sanaa, selon l’AFP.

Les zones visées par les Américains se situent dans les provinces de Chabwa et Abyan, deux régions du sud du Yemen en proie à de fortes activités d’AQPA. Et depuis le début des contestations, le réseau terroriste en a profité pour tisser sa toile et accroître son influence sur plusieurs villes, faisant planer un contrôle total du sud du Yemen.

Il est difficile de faire un pronostic sur une sortie de crise au Yemen, mais ce qui est certain, c’est que tous les ingrédients d’un cocktail explosif sont réunis dans le pays : un Président contesté pour sa gestion catastrophique depuis 33 ans, des chefs de tribus militarisés anti et pro Ali Abdallah Saleh qui se déchirent, des milliers de manifestants réclamant son départ sont réprimés dans le sang, et un réseau terroriste qui s’active de plus en plus dans le sud.

Ajoutons à cela la position ambigüe des Saoudiens et des Américains qui craignent, avec la chute apparemment souhaité du Président Ali Abdallah Saleh, de perdre un allié de taille, un rempart contre la menace croissante d’Al Qaïda et la contamination démocratique des autres pays du Golfe.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Haut