Par Maher Ben Ghachem : Le nouveau gouvernement va prendre les rênes du pays

Dans une passation démocratique plusieurs mois après les élections témoignant d’une nouvelle donne en Tunisie où le pouvoir unique n’a plus sa place au grand dam de certains. Si les dernières élections ont été influencées par de nouveau paramètres tels que les réseaux sociaux où de grosses sommes ont été dépensées pour orienter l’opinion publique, il n’en demeure pas moins que le comptage des urnes a permis l’émergence de groupes extrémistes et populistes comme cela se passe partout dans les pays démocratiques, et cela reflète parfaitement la pensée de nos concitoyens. Ceux qui ont perdu n’ont qu’à se prendre à eux mêmes pour n’avoir pas « rusé » dans les failles du système électoral en vigueur.

Maintenant il y a un chef de gouvernement et une équipe qu’il a choisi avec un vote majoritaire au parlement. Cette nouvelle équipe a la sympathie du président de la république et l’environnement semble propice pour travailler sans embûches. Un quadra succède à un quadra et cela donne un vent de jeunesse que j’espère salutaire. Dans cette équipe il y a des « révolutionnaires » dont le fond de commerce est la lutte contre la corruption. J’espère qu’ils ne quitteront pas très vite le bateau comme on l’a vu dans le passé.

Je leur souhaite du fond du cœur la réussite et je ne leur jetterai pas la pierre lors des prochaines catastrophes naturelles, ni dans les catastrophes qui peuvent toujours survenir dans les hôpitaux. Je ne leur ferai pas endosser la responsabilité des agissements de certains de nos concitoyens, comme par exemple la saleté qui persistera encore dans nos rues. Il faut du temps pour éduquer un peuple.

Je ne leur tiendrai rigueur qu’en cas d’absence d’abnégation au travail et surtout en cas de recul dans les avancées effectuées par le gouvernement précédent. Les chiffres sont là, vous connaissez la situation difficile du pays et vous avez accepté de prendre la responsabilité de sa gestion. Il ne faut pas oublier, comme l’a malheureusement fait le gouvernement précédent, que la politique est une question de perception.

Il faut une bonne communication pour expliquer aux gens les sacrifices collectifs nécessaires pour sauver une nation. Ce petit pays aux ressources naturelles limitées, regorge de compétences dans tous les domaines et sa société civile reste son fer de lance! Des associations de tous genres sont très actives: pour la sauvegarde du patrimoine, pour la lutte contre l’abandon scolaire, pour les balades à vélo, pour la marche aquatique, pour développer des centres culturels aux fin fond du pays, pour défendre le droit des minorités, pour la défense des droits de l’enfant, pour dénoncer la violence contre les femmes, etc. C’est avec elles que vous passerez le message qui montrera que vous vous intéressez aux problèmes quotidiens des citoyens.

Enfin, la lutte contre la corruption est un mot vague et doit être compris dans son vrai sens! La corruption est dans notre vie quotidienne, de l’utilisation inadéquate des produits compensés, de la non application de la loi pour les infractions au code de la route, au stockage de la marchandise par les intermédiaires pour faire augmenter les prix.

Une action d’éducation collective est absolument nécessaire pour responsabiliser le citoyen à tous les niveaux et le pousser à se corriger lui même avant d’en vouloir aux responsables du gouvernement qui bien sûr doivent donner l’exemple à travers leur comportement.

Des émissions télévisées régulières doivent être mises en place et passer en « prime Time » pour l’éducation des masses et un travail sur le terrain à travers les associations doit être encouragé.

Bon vent à Fakhfekh et à son équipe.

Maher Ben Ghachem. Ancien Professeur de Médecine. Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.

 

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