Economie

Tunisie – El Hamdi réussira-t-il le bac ?

Cette année, plus de 133 mille candidats passent les épreuves de la session principale du bac. La nouveauté de ce premier bac du ministre de l’Education, Mohamed El Hamdi est qu’il n’y a plus de fuites des examens, d’après lui…

Le ministre qualifie tous les actes de fraude, pèle-mêle, comme des actes de triche du moment où les examens n’ont pas été fuités directement des services du ministère !

Bien que cette année la surveillance des candidats soit plus facile, en raison de la limitation du nombre de candidats à douze dans les salles, les mesures du ministère ont failli, spectaculairement, à lutter contre le fléau des fuites.

En effet, les sujets de certaines épreuves ont été mis en ligne sur les réseaux sociaux quelques minutes après avoir été distribués. Le schéma classique de la fraude qui sévit, surtout ces dernières années, a bien fonctionné puisque les réseaux de fraude ont fait leur « travail » d’établissement de contact avec des candidats qui photographient les sujets des épreuves afin que les réponses leur soient transmises par le biais d’un kit oreillette.

Le scandale est entier en raison de l’absence dans les centres d’examens des équipements de contrôle tels que les portiques électroniques et les brouilleurs. Les candidats et les enseignants ont été juste avisés de l’interdiction d’être munis de téléphones portables dans les centres.

Au vu de cette manière de « gérer » un examen national de l’importance du baccalauréat, l’échec du système éducatif qui s’est accentué ces derniers temps, ne peut que s’aggraver.

Les preuves qui témoignent de cette déconvenue concernent, essentiellement, la qualité délabrée de l’enseignement, le taux du décrochage scolaire ascendant, la décadence de l’infrastructure scolaire, les conditions de travail des enseignants et le niveau bas de leurs salaires, la démission des parents de leur rôle d’encadrement et la violence qui règne dans le milieu scolaire.

Dès la prise de ses fonctions, le ministre de l’Education, Mohamed El Hamdi, a déclaré que ses priorités portent sur la proposition d’un enseignement moderne, capable de répondre aux exigences d’une société en pleine mutation et qui permet une lutte efficace contre le chômage.

Rappelons, tout de même, que cette vision laisse penser à l’idéalisation et la politisation des questions d’éducation, qui étaient constamment à l’ordre du jour des compagnes électorales de dizaines de partis politiques.

Les différentes approches des politiciens et surtout des outsiders comme le ministre Mohamed El Hamdi, issu d’un parti politique typiquement « révolutionnaire » – le Courant Démocrate – et engagé depuis des années dans le syndicalisme, ne se sont jamais basées sur un débat d’intelligence collective ni sur une méthodologie qui tient compte des écueils de la réalité et en l’occurrence de la faiblesse du budget alloué à l’éducation.

En effet, le budget du ministère de l’Education au titre de l’année 2020 est estimé à 6.5 milliards de dinars dont près de 95% sont alloués aux salaires. Ce budget est en accroissement de 17% par rapport à celui réservé à l’exercice 2019, principalement en raison des majorations salariales alors que les dépenses de développement ne bénéficient que de 5% de la somme allouée.

Il est clair, que ce peu de fonds de développement pour un ministère qui gère une infrastructure de 6100 établissements scolaires accueillant environ 2.174 millions d’élèves ne permettra en aucun cas de bâtir l’école moderne promise par Mohamed El Hamdi, du moins sur le court, voire même le moyen terme.

Mieux encore et dans ce même cadre de défis, le nombre de nouveaux élèves au cours des dix prochaines années s’élèvera à 500.000, d’après les données du ministère de l’Education, ce qui nécessite des investissements de l’ordre de 1.5 milliard de dinars pour construire 550 nouveaux établissements, soit une moyenne de 50 nouvelles institutions par an.

De ce fait, il est important d’indiquer que toute tendance idéologique et basée sur certains idéaux ne peut en aucun cas sauver un système en pleine débâcle tel que le système éducatif national tunisien.

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