Tunisie – Quelles solutions possibles pour Ennahdha pour constituer son gouvernement ?

Ennahdha s’évertue, depuis la parution des résultats préliminaires des élections législatives la donnant vainqueur au premier rang au parlement, à s’entretenir avec tous les partenaires possibles, pour pouvoir former une équipe gouvernementale

Néanmoins,  Ennahdha semble pressée, cette fois-ci, de gouverner coûte que coûte, au vu des transformations qui s’opèrent à l’échelle internationale et régionale, en rapport avec les révolutions du « printemps arabe » et l’accession au pouvoir de l’Islam politique. Cet empressement devient évident, rien qu’à la regarder gesticuler dans tous les sens, et frapper à toutes les portes. Toutefois, le problème majeur avec Ennahdha, c’est qu’elle n’adopte jamais un discours direct. Il faut toujours qu’elle contourne son but principal, en prêchant le faux pour obtenir le vrai.

Ainsi, croyant pouvoir mieux gérer les pourparlers, Ennahdha a choisi d’agiter ses épouvantails, histoire de faire semblant de faire des concessions, plus tard, en y renonçant.

Le premier épouvantail qu’elle a agité étant celui de confier la présidence du gouvernement à Rached Ghannouchi, qui sait, lui-même, qu’il est incapable de gérer ce poste, sans oublier qu’il n’a pas envie de se brûler les ailes dans le fiasco économique et social actuel. Mais en agissant ainsi, Ennahdha pense que les autres partis qui auraient, au départ, été contre la présidence de Ghannouchi de l’ARP, n’y verraient plus d’inconvénients, pensant que çà serait un moindre mal.

Le deuxième épouvantail qu’Ennahdha a agité est celui des « ultras », parmi les nouveaux élus, en prétendant conduire avec eux des pourparlers, en vue de gouverner ensemble. En faisant cette déclaration, Ennahdha est assurée que les autres partis qui ont fait part de leurs réticence, seraient bien plus enclins à négocier et surtout, à voter pour le gouvernement d’Ennahdha, quelle que soit sa formation, pourvu qu’il ne soit pas, en partie, composé de ces « ultras ».

De toutes les façons et quelles que soient les gesticulations d’Ennahdha, la réalité veut qu’elle ne pourra pas se passer d’une alliance contre nature avec le deuxième parti de l’ARP, à savoir 9alb Tounes qui devra être d’accord de voter pour le gouvernement sans pour autant y prendre part. Ces négociations avec 9alb Tounes ne paraissent pas difficiles à conduire, vu que les députés de ce parti ne peuvent pas se permettre le luxe de remettre leur siège en jeu, dans une répétition des élections. Sans compter sur les nombreux et assez lourds dossiers juridiques qui restent telles des épées de Damoclès, suspendues au dessus de la tête de Nabil Karoui.

Enfin, il ne faudrait pas oublier un possible accord entre Ennahdha et Tahya Tounes. Un accord où chacun aura un joker à jouer. Pour les islamistes, ils pensent qu’il serait préférable qu’une autre personnalité et un autre parti fasse les frais de l’échec économique et social. Mais Tahya Tounes est prêt à risquer de jouer le jeu, sachant qu’ils est dans le secret des chiffres, qu’il sait que c’est jouable, que le pire est derrière lui et que le moment est venu pour récolter les fruits de trois ans de mesures impopulaires mais nécessaires.

Dans tous les cas et pour conclure, rien ne vaut une bonne tisane et un cachet d’aspirine, pour faire passer le mal de tête que nous donne cette situation et les jeux de rôles qui l’animent.

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