Tunisie – VIDEO – Taxi-Scooter : N’est-il pas temps d’ouvrir le débat et de sortir de sous l’emprise de « l’empire des taxistes » ?

L’histoire du taxi-scooter n’en finit pas de susciter polémique sur polémique et déclarations sur contre-déclarations. Les tout-puissants Taxis ont, dès le début, annoncé la couleur, en opposant  un refus catégorique de laisser travailler les jeunes gens et leurs engins à deux roues. L’un des Taxis n’a pas hésité à déclarer que lui et ses collègues étaient prêts à déclencher une guerre civile dans le pays, pour empêcher les taxi-scooters de travailler. Ils prétendent avoir peur pour leur gagne-pain tout en  condamnant la concurrence déloyale de ces nouveaux engins.

Le nouveau projet est très attrayant à plus d’un titre. D’abord, il constitue une alternative aux usagers qui se déplacent dans les rues exiguës du centre ville et des cités surpeuplées et où la circulation automobile est presque impossible. Sans oublier la capacité en termes de création d’emplois que pourrait créer ce projet, ni son côté innovateur qui va tenter plus d’un jeune en train de sillonner les avenues des grandes villes, sur leurs deux-roues, sans but précis et qui vont se trouver avec un boulot rentable qui corresponde de surcroît à leur meilleur passe-temps. C’est comme l’histoire des footballeurs professionnels qui sont grassement payés à s’amuser tout en s’adonnant à leur hobby.

Or, voilà que le ministère des Transports se lance dans l’arène et, pliant sous le poids des pressions des Taxis, émet un communiqué pour signifier que ce nouveau secteur est interdit, prétextant qu’il n’y a pas de cahier des charges régissant ce type d’activité. Or, il n’est de secret pour personne qu’en l’absence de cahier des charges ou d’interdiction légale franche, toute activité devient autorisée . Si c’était interdit, pourquoi cela est-il permis, par exemple dans les zones touristiques, de louer des motos et des quad?

Il est malheureux que l’Etat se jette tête la première dans ce combat entre les Taxis et les promoteurs des taxi-scooters, en prenant la défense des premiers au détriment des jeunes promoteurs. l’Etat est supposé, non seulement autoriser, mais aussi encourager les initiatives privées des jeunes, non s’opposer à leurs ambitions, pour servir les intérêts d’un secteur sous  l’emprise d’un groupe d’opportunistes qui monopolisent le secteur  en abusant des efforts des chauffeurs qui ne perçoivent que des miettes et qui sont condamnés à rester toute leur vie, de simples chauffeurs et ne pourront presque jamais accéder à la licence d’un taxi.

En regardant de plus près, les secteurs desservis par les deux types de véhicules ne se superposent pratiquement pas. Puisque les scooters ne transportent qu’un seul client, au contraire des Taxis qui ont le privilège d’en transporter jusqu’à quatre, à la fois. Mais, aussi, parce que les scooters ne vont pas desservir le territoire traditionnel des taxis mais les endroits où les Taxis refusent, en général d’aller, parce que non rentables ou parce que la circulation y est insoutenable. Les scooters ne vont pas grignoter sur les lignes préférées des Taxis comme  les banlieues et autres secteurs trop éloignés pour des deux roues.

Toujours est-il que ce  serait le moment et l’occasion propice, pour lancer le débat sur ce secteur et tenter de briser le monopole qui l’étouffe en étudiant les avantages d’encourager les initiatives des jeunes et ne pas tuer dans l’œuf l’embryon de leurs rêves.

N’est-il pas temps aussi de penser à briser les mains mises  et d’ouvrir la porte à la concurrence, et que le meilleur gagne? Sachant que tout le bénéfice sera pour les usagers!

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