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IMAGES : Paris aux prises avec les manifestations antiracistes à la manière des villes américaines

Des incidents ont éclaté mardi soir à Paris, en marge d’une manifestation interdite de 20.000 personnes, dénonçant les violences policières, organisée à l’initiative des proches d’Adama Traoré le jour où était dévoilée une expertise mettant en cause les gendarmes dans la mort de ce jeune homme noir lors de son arrestation en 2016.

Jets de projectiles, tirs de gaz lacrymogènes, manifestants sur le périphérique, barricades… Des heurts ont émaillé ce rassemblement interdit par la préfecture de police en raison de la crise sanitaire, mais maintenu par ses organisateurs. Il a eu lieu dans le contexte des manifestations organisées aux Etats-Unis et dans d’autres pays, après la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis la semaine passée.

En début de soirée, Assa Traoré, sœur aînée d’Adama Traoré, avait lancé à la foule : “Aujourd’hui, ce n’est plus que le combat de la famille Traoré, c’est votre combat à vous tous (…). Aujourd’hui, quand on se bat pour Georges Floyd, on se bat pour Adama Traoré”.

Face à la jeune femme, porte-parole du Collectif Adama, des manifestants, jeunes et de toutes origines, scandaient “Révolte” ou “Tout le monde déteste la police”.

Dans la foule étaient brandies des pancartes affichant “Black Lives Matter” (“la vie des noirs compte”), “Silence = asphyxie” ou encore “Décolonisons la police”.

La préfecture de police a chiffré la foule à 20.000 personnes.

Cette manifestation a eu lieu le jour où était dévoilée une nouvelle expertise, réalisée à la demande de la famille d’Adama Traoré, mettant en cause les gendarmes dans la mort du jeune homme.

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré était décédé dans la caserne de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) au terme d’une course-poursuite et après avoir échappé à une première interpellation un jour de canicule.

Le rapport médical a été dévoilé quelques jours après une ultime expertise ordonnée par les juges d’instruction en charge de cette affaire sensible et qui mettait hors de cause les forces de l’ordre. Depuis, aux expertises judiciaires qui écartent la responsabilité des gendarmes répondent celles, commandées par la famille, qui balayent leurs conclusions.

Au départ les expertises ordonnées par les magistrats écartaient la responsabilité des forces de l’ordre en attribuant la mort à un “œdème cardiogénique” lié à l’état de santé d’Adama Traoré.

Dans le rapport réalisé à la demande de la famille du jeune homme, un médecin, qui a travaillé à partir des autres expertises et de documents médicaux, considère qu’Adama Traoré est mort d’un syndrome asphyxique faisant suite à un œdème cardiogénique, qu’il attribue “à une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral”, revenant à pointer la technique d’interpellation des gendarmes, selon ce document dont l’AFP a pu consulter les conclusions datées du 2 juin.

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