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Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleAu 204e jour de la guerre entre les États-Unis et l’Iran et 95 jours après la signature du mémorandum de compréhension entre Washington et Téhéran, les signaux diplomatiques se mêlent à de nouvelles menaces militaires.
L’Iran affirme avoir transmis ses conditions à Washington par l’intermédiaire du Qatar et du Pakistan, tandis que Donald Trump espère une fin prochaine du conflit. Mais le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé et la facture américaine atteint déjà 38 milliards de dollars.
- Téhéran affirme avoir transmis ses conditions pour reprendre les négociations par l’intermédiaire du Qatar et du Pakistan.
- Donald Trump dit espérer que la guerre approche de sa fin.
- Le coût militaire américain atteignait déjà 38 milliards de dollars au 1er août, selon le Congressional Budget Office.
- La facture pourrait augmenter d’environ 3 milliards de dollars par mois si le conflit se prolonge.
- Le trafic visible dans le détroit d’Ormuz reste très inférieur à son niveau normal.
- L’AIE estime que les pertes cumulées d’approvisionnement pétrolier avaient déjà dépassé 1,3 milliard de barils à fin juin.
Téhéran transmet ses conditions pour négocier
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, affirme que les consultations se poursuivent avec les médiateurs qatari et pakistanais et que les conditions iraniennes ont déjà été transmises à Washington.
Parmi les demandes rendues publiques figurent notamment la fin de la guerre sur les différents fronts, la libération des avoirs iraniens gelés, la fin du blocus naval américain, l’arrêt des attaques contre le territoire iranien et la non-ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Téhéran affirme désormais attendre la réponse de Donald Trump avant toute nouvelle étape diplomatique.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois précisé que la visite à Téhéran du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, ne transportait pas de nouvelle initiative ou de message américain particulier.
L’Iran durcit parallèlement son discours militaire
Cette ouverture diplomatique s’accompagne d’un discours militaire particulièrement ferme.
Mohsen Rezaei affirme que l’Iran connaît désormais mieux les points faibles de l’armée américaine et serait davantage préparé qu’au début du conflit à faire face à de nouvelles frappes aériennes.
Il a également déclaré que Téhéran avait récemment testé un nouveau missile antinavire à proximité d’un porte-avions américain.
Cette affirmation iranienne n’a pas été confirmée indépendamment par Washington.
Le porte-parole des forces armées iraniennes assure par ailleurs que l’initiative militaire dans le détroit d’Ormuz reste entre les mains des forces iraniennes.
Trump espère toujours une fin prochaine
À Washington, Donald Trump continue d’afficher son optimisme sur une possible sortie de guerre.
Le président américain a déclaré le 16 septembre espérer que les États-Unis se trouvaient désormais « vers la fin » du conflit.
Ces déclarations interviennent à l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, où la guerre avec l’Iran doit occuper une place importante dans les discussions diplomatiques.
Une rencontre entre Donald Trump et les dirigeants des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe est notamment prévue autour de la situation iranienne et de la sécurité régionale.
La Turquie tente également de jouer un rôle diplomatique. Son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, estime que la situation devient « progressivement plus complexe », tout en affirmant que son pays concentre ses efforts sur l’obtention d’un résultat dans les négociations entre Washington et Téhéran.
Ormuz reste loin d’un retour à la normale
Sur le terrain maritime, la situation demeure particulièrement tendue.
Le 17 septembre, seulement quatre navires transportant des matières premières ont été recensés lors d’un transit dans le détroit d’Ormuz, contre une moyenne d’environ 16 navires sur les dix jours précédents.
Ces données restent néanmoins partielles, certains bâtiments naviguant avec leurs transpondeurs désactivés afin d’éviter d’être détectés.
Avant le conflit, le détroit constituait l’une des principales artères énergétiques mondiales, avec environ 20 millions de barils de pétrole par jour transitant par cette voie maritime.
Entre mars et mai, ces flux étaient tombés à seulement 2,7 millions de barils par jour en moyenne.
400 millions de barils puisés dans les réserves d’urgence
Face à l’ampleur du choc, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont décidé en mars de mettre à disposition du marché 400 millions de barils provenant de leurs réserves d’urgence.
Il s’agit de la plus importante opération coordonnée de ce type jamais organisée par l’AIE.
À titre de comparaison, les deux actions collectives lancées après le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022 avaient représenté au total environ 182,7 millions de barils.
La réponse organisée en 2026 représente donc plus du double.
38 milliards de dollars déjà dépensés par Washington
L’impact du conflit ne se limite plus au marché énergétique.
Selon le Congressional Budget Office, organisme non partisan du Congrès américain, les opérations militaires avaient déjà coûté environ 38 milliards de dollars au 1er août 2026.
Si le conflit se poursuit, la dépense pourrait augmenter d’environ 3 milliards de dollars supplémentaires chaque mois.
La guerre exerce également une pression croissante sur les stocks américains de munitions à longue portée. Selon les estimations du CBO, la reconstitution de certaines catégories de missiles pourrait prendre jusqu’à cinq ans.
Le Pentagone a demandé près de 90 milliards de dollars de financements d’urgence afin de reconstituer ses réserves de munitions.
Le CBO estime également que les conséquences économiques et énergétiques du conflit pourraient ajouter environ 0,5 point à l’inflation américaine durant les premiers mois de 2027.
Le choc dépasse largement le pétrole
Dans une analyse publiée par le Washington Post, Morgan Bazilian, directeur du Payne Institute for Public Policy et ancien spécialiste de l’énergie à la Banque mondiale, estime que le pétrole ne constitue que la première couche d’une crise beaucoup plus large.
Le conflit touche également le gaz naturel liquéfié, l’hélium, les engrais, les métaux et plusieurs matières premières indispensables aux industries technologiques.
Après les dommages subis par les installations de Ras Laffan au Qatar, QatarEnergy avait notamment estimé les pertes de capacité à environ 17 % pour le GNL, tandis que les exportations de condensats pourraient diminuer de 24 %, celles d’hélium de 14 %, de GPL de 13 % et de naphta et de soufre d’environ 6 %.
Les réparations pourraient nécessiter entre trois et cinq ans, tandis que le manque à gagner annuel avait été évalué par Doha autour de 20 milliards de dollars.
Le prix international de l’urée, engrais azoté essentiel pour l’agriculture, a parallèlement été signalé autour de 700 dollars la tonne, contre environ 450 dollars auparavant.
Washington renforce ses avertissements aux voyageurs
Le département d’État américain a de nouveau alerté ses ressortissants sur les risques liés à la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.
Washington évoque une situation susceptible de connaître une escalade imprévisible et appelle les Américains présents dans la région à faire preuve d’une vigilance renforcée.
Ils sont notamment invités à se préparer à de possibles annulations de vols, fermetures temporaires d’espaces aériens et perturbations des déplacements.
Les ressortissants américains actuellement hors du Moyen-Orient sont invités à reconsidérer sérieusement leurs projets de voyage vers ou à travers la région.
Le retour anticipé de Trump alimente les spéculations
Donald Trump a par ailleurs écourté son séjour à Camp David pour retourner à la Maison-Blanche plus tôt que prévu.
Ce changement de calendrier a immédiatement alimenté les spéculations aux États-Unis sur d’éventuelles décisions militaires concernant l’Iran ou les Houthis.
Aucune information officielle ne permet toutefois d’établir que le retour anticipé du président américain était directement lié à une décision militaire.
Un avion de chasse F-16 avait parallèlement été mobilisé après une intrusion dans l’espace aérien restreint autour de Camp David. Aucun lien n’a été établi entre cet incident aérien et les décisions américaines concernant l’Iran.
Le front libanais reste actif
La guerre continue également de produire des répercussions au Liban.
L’armée israélienne a mené de nouvelles frappes dans la région de Nabatieh, dans le sud du pays.
Dans le même temps, le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, le général Diodato Abagnara, a estimé que les opérations de démolition menées dans le sud constituaient une nouvelle violation des résolutions du Conseil de sécurité relatives au Liban.
Israël affirme de son côté que ses opérations visent des infrastructures du Hezbollah.
La FINUL doit commencer son retrait à la fin de 2026, ce qui soulève désormais la question du transfert de ses positions et de certaines de ses missions à l’armée libanaise et aux autres organismes des Nations unies.
159 responsables américains et israéliens inculpés par la justice iranienne
Sur le terrain judiciaire, Téhéran a également annoncé l’émission d’actes d’accusation contre 159 responsables politiques et militaires américains et israéliens dans le dossier de l’assassinat de l’ancien Guide suprême iranien Ali Khamenei et de plusieurs dirigeants.
Selon le porte-parole de l’autorité judiciaire iranienne, Ali Kazemi, cette liste comprend 92 responsables américains et 67 responsables israéliens.
Les autorités iraniennes n’ont toutefois pas dévoilé leurs identités ni détaillé les accusations individuelles.
La justice iranienne indique également avoir engagé des procédures concernant l’assassinat de 19 commandants iraniens contre 97 responsables, dont 74 Américains et 23 Israéliens.
Il n’est pas établi si ces 97 personnes sont comprises dans la liste des 159 responsables ou constituent une liste distincte.
Environ 400 procédures civiles auraient parallèlement été constituées, dont une action regroupant plus de 350 000 plaignants.
Après 204 jours de guerre, une voie diplomatique réapparaît mais reste extrêmement fragile. Téhéran pose ses conditions et Washington affiche son espoir d’une sortie prochaine, alors que le trafic à Ormuz reste fortement perturbé. La guerre a déjà coûté au moins 38 milliards de dollars aux États-Unis, tandis que ses conséquences économiques dépassent désormais largement le seul marché du pétrole.
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