Par Hichem Ben Ahmed : Le tourisme, ces millions d’emplois sans visibilité

A la veille de la saison touristique et du retour de nos tunisiens résidents à l’étrangers pour la saison estivale, il est urgent d’annoncer, pour juin au plus tard, – à l’instar des autres destinations méditerranéennes – une date de réouverture, raisonnée et structurée de nos frontières pour permettre aux compagnies aériennes et aux professionnels du tourisme de préparer leurs programmations et ouvrir leurs réservations.

Outre la part dans le PIB que représente ces activités, on parle également de pas de moins de 2 millions d’emplois directs et indirects.

Il est indéniable que nous avons réussi la gestion de la crise sanitaire.
On ne peut pas rater le virage de sa gestion économique et sociale, en préservant la santé de chacun.

1/ Il est temps de communiquer aux professionnels l’agenda des mois à venir et de donner une date même approximative pour la réouverture de l’espace aérien.
Ceci en coordination avec le Comité scientifique et l’ONME dans le respect absolu et non négociable de la santé de nos concitoyens.

2/ Des procédures de sécurité harmonisées des passagers sont en cours d’établissement pour tous les pays, et par pays.
Elles sont le fruit de concertations avec les différents acteurs que sont notamment l’IATA (International Air Transport Association), l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), l’ACI (conseil international des aéroports) et bien entendu, les entreprises de transport aérien.

Il est désormais nécessaire d’appliquer ces mesures sanitaires dans nos aéroports, voir, le cas échéant, en rajouter si nos scientifiques le jugent nécessaire.

Encore une fois, les impératifs de sécurité sanitaire doivent jouer un rôle prioritaire dans la capacité du transport aérien à reprendre son activité.

Caméras thermiques à l’aéroport, test systématique des personnes suspectes, structures d’isolement des personnes testées positives à proximité des aéroports.
Les pistes sont nombreuses, la réflexion est large, mais l’action doit être au rendez-vous. Et rapidement.
Le surcoût engendré pourra être financé, par exemple, par une partie des taxes aéroportuaires.

Les freins intrinsèques à la reprise de l’activité touristique et du transport aérien sont déjà nombreux : baisse de pouvoir d’achat, crainte de voyager et d’être exposé au risque sanitaire ou peur d’être bloqué à l’étranger…
N’y rajoutons pas l’incertitude d’un manque de vision qui risque de coûter cher à ces industries.

3/ On peut encore sauver une partie de la saison touristique 2020.
Les hôtels ont commencé à mettre en place leurs procédures de prévention et leurs protocoles sanitaires avec des mesures d’hygiène drastiques pour la reprise. Tout ceci en collaboration avec le ministère du Tourisme et celui de la Santé.
Ils doivent impérativement communiquer là-dessus.
Et surtout penser à encourager et favoriser le marché local.

La Tunisie doit rester une destination prisée sur les marchés émetteurs et la solution n’est pas dans le bradage des prix mais dans la mise en avant de la sécurité sanitaire, principale préoccupation du monde et qui est désormais un atout national.

On doit développer un tourisme durable, inclusif et intégré au nouveau modèle de développement.

Le Tourisme est et doit rester un des piliers de l’économie tunisienne.

 

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