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Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleTrump veut éviter que Poutine aide davantage l’Iran
Dans son message du 18 octobre, Donald Trump affirme que la Russie apporte actuellement très peu d’aide à l’Iran, compte tenu des moyens dont elle dispose, et qu’il entend préserver cette situation.
Il présente même cet objectif comme potentiellement plus important que les négociations destinées à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le raisonnement est clair : Washington cherche à éviter qu’une pression supplémentaire sur Moscou pousse Vladimir Poutine à renforcer son assistance militaire à Téhéran, alors que les États-Unis sont engagés dans un conflit avec l’Iran.
Trump justifie ainsi son choix de ne pas appliquer de nouvelles sanctions contre la Russie, tout en affirmant vouloir maintenir le Kremlin à la table des négociations.
Cette stratégie soulève cependant une première question : pourquoi le président américain considère-t-il l’assistance russe à l’Iran comme négligeable alors que ses propres services de renseignement en documentent l’existence ?
Le renseignement américain contredit la version présidentielle
Le 13 octobre, Reuters révélait que des évaluations du renseignement américain faisaient état d’un soutien militaire direct de la Russie et de la Chine à l’Iran.
Selon deux sources informées de ces analyses, l’assistance comprend notamment des images satellitaires pouvant servir au ciblage militaire et des composants destinés à des systèmes d’armement.
Quelques heures auparavant, Trump affirmait ne pas croire que Moscou et Pékin aidaient réellement Téhéran.
Cinq jours plus tard, son discours évolue. Le président américain ne nie plus catégoriquement toute assistance, mais insiste sur son niveau supposément limité.
L’ampleur exacte du soutien russe n’est pas publiquement établie. Les révélations de Reuters suffisent néanmoins à montrer que l’affirmation présidentielle ne correspond pas entièrement aux informations recueillies par les services américains.
Des Shahed iraniens aux Geran russes : une coopération militaire dans les deux sens
Les relations militaires entre Moscou et Téhéran dépassent largement les circonstances actuelles.
Depuis 2022, l’Iran a fourni à la Russie des drones Shahed utilisés contre l’Ukraine. Moscou a ensuite développé sa propre production de versions Geran, notamment dans le complexe industriel d’Alabuga, au Tatarstan.
La coopération a progressivement évolué vers des échanges technologiques potentiellement bidirectionnels.
En mars 2026, le Centre d’études stratégiques et internationales américain (CSIS) a identifié, à partir de débris et d’images recueillis aux Émirats arabes unis, des indices suggérant qu’un drone Geran-2 de fabrication russe avait été utilisé lors d’une attaque iranienne.
Des marquages associés à l’usine russe d’Ijevsk et la présence d’un système de navigation modifié renforçaient cette hypothèse.
Les échanges concernent aussi les missiles. Washington a accusé l’Iran d’avoir fourni des missiles balistiques Fath-360 à la Russie, tandis que Moscou a développé sa coopération en matière de défense antiaérienne avec Téhéran.
Le partenariat stratégique de vingt ans signé en janvier 2025 entre Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian prévoit explicitement un renforcement de la coopération militaro-technique et des échanges entre services de sécurité.
Il ne comporte cependant aucune obligation d’intervention militaire automatique en cas d’attaque contre l’un des deux pays.
La Russie conserve donc la possibilité de limiter ou d’intensifier son soutien. Mais présenter cette coopération comme presque inexistante revient à minimiser une relation militaire construite depuis plusieurs années.
Pourquoi Trump accepte-t-il d’alléger la pression sur Moscou ?
La politique américaine s’explique aussi par l’urgence énergétique.
Le 9 octobre, Trump a annoncé un accord avec Poutine destiné à faciliter l’approvisionnement international en diesel russe, alors que la guerre impliquant l’Iran perturbe les marchés pétroliers.
Le 16 octobre, la Maison-Blanche a également suspendu l’application de nouvelles mesures de sanctions contre la Russie.
Ces décisions sont présentées par Washington comme des instruments destinés à préserver les négociations de paix et à stabiliser les prix de l’énergie.
Trump reproche parallèlement à Volodymyr Zelensky de poursuivre les frappes contre les raffineries russes, qu’il accuse d’aggraver les tensions sur le marché mondial du diesel.
Pour Kyiv, ces installations constituent pourtant des cibles économiques importantes dans sa stratégie de pression sur Moscou.
Le contraste est frappant : Washington cherche à préserver les capacités d’exportation pétrolières russes, tandis que la Russie continue de bombarder les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Le 18 octobre, Zelensky a affirmé que Moscou avait mené 76 attaques contre les installations énergétiques, pétrolières et gazières ukrainiennes depuis l’annonce d’une trêve énergétique par Trump le 11 octobre.
Ce bilan est celui des autorités ukrainiennes. Aucun cessez-le-feu réciproque et durable n’a été établi.
Poutine dispose-t-il désormais d’un nouveau moyen de pression sur Washington ?
La déclaration de Trump révèle un paradoxe stratégique.
En expliquant qu’il ménage Moscou pour éviter un soutien militaire russe accru à l’Iran, le président américain reconnaît que le Kremlin dispose d’un levier sur un conflit impliquant directement les États-Unis.
Poutine pourrait ainsi tirer un avantage diplomatique de sa capacité à aider Téhéran davantage, même sans s’engager directement dans les combats.
Le risque est de voir Washington accorder des concessions économiques pour maintenir une retenue russe dont l’étendue et les contreparties restent inconnues.
Une autre lecture demeure possible : Trump cherche à empêcher une escalade entre grandes puissances, dans un contexte où un engagement russe plus direct au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences considérables.
Mais aucun engagement public vérifiable de Moscou ne démontre que les exemptions de sanctions ou l’accord sur le diesel ont permis de réduire l’assistance militaire russe à l’Iran.
La question dépasse donc les seules relations entre Moscou et Téhéran.
Donald Trump affirme vouloir empêcher Poutine d’aider davantage l’Iran. Mais la coopération militaire entre les deux pays existe déjà, et les services de renseignement américains en signalent la poursuite. En l’absence de contreparties russes vérifiables, Washington prend le risque d’affaiblir sa pression sur Moscou sans obtenir de changement concret, ni au Moyen-Orient ni en Ukraine.
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