Imed Ben Halima – AUDIO : Qu’est ce qui affole à ce point les islamistes ?

Les islamistes sont affolés. Ils ne savent plus à quel saint se vouer et leur affolement transparaît à travers leur attitude perturbée tantôt défensive, tantôt offensive quand ils font semblant de vouloir changer le gouvernement. Cet affolement s’inscrit en total contraste avec leur habituelle quiétude, voire même, arrogance à l’égard de tous ceux qui les attaquent. Pour comprendre les raisons de ce retournement de situation, la rédaction de Tunisienumérique a interviewé l’avocat et activiste Imed Ben Halima qui lui a livré son analyse de cet état.

« Ils sont affolés à cause de tout ce qui se passe, surtout en rapport avec le sit-in des députés du PDL, de même que les appels aux sit-in nationaux et à la dissolution de l’ARP, qui sont en gestation et qui sont prévus pour le début du mois de juin », a expliqué Ben Halima.

« Ils ont peur notamment, à cause de l’audition de Ghannouchi accordée à regret par le bureau de l’ARP, sous la pression des députés du PDL. Car cette audition va dévoiler beaucoup de choses assez sérieuses, surtout l’intervention de Ghannouchi dans le conflit libyen, avec ce que çà suppose comme empiétement sur les prérogatives de la présidence de la république. Le fait qu’ils aient refusé au début cette audition, puis l’aient acceptée, laisse comprendre que la pression du PDL a donné ses fruits. Cette réaction à la pression témoigne de l’affolement des islamistes et envoie un message aux autres composantes politiques, un message qui dit qu’on ne peut composer avec eux, qu’avec la force, les menaces et la pression ».

Ben Halima a précisé que « Cet affolement se traduit, aussi par l’offensive lancée par les milices électroniques des islamistes contre tous ceux qui affichent leur accord avec le projet d’un deuxième sit-in du départ prévu pour le 1er juin, en les traitant de traîtres, de mercenaires au compte de la France ou des Emirats et les accusant de tentative de putsch contre la légitimité et la volonté du peuple ».

« Çà les affole parce que çà leur rappelle la situation de 2013, quand ils ont été obligés de lâcher le pouvoir, sachant qu’ils sont en train de sentir que la conjoncture internationale est aussi en train de changer et de leur tourner le dos ».

Ben Halima a ajouté « Ceci concernant les facteurs d’inquiétude extrinsèques au parti, auxquels il ne faudrait pas oublier d’ajouter les facteurs intrinsèques de plus en plus pressants, avec la vague de contestation contre le Cheikh et son agrippement à la présidence de la formation, et la volonté de ce dernier de se maintenir aux commandes et de poursuivre sa mainmise sur les cercles du parti ».

« Leur affolement transparaît à travers leurs nombreux communiqués dans lesquels ils condamnent et menacent de procès tous leurs détracteurs… Ils se sentent plus vulnérables que jamais. Dans cette condition, ils sont prêts à faire toutes les concessions, pourvu qu’ils ne se fassent pas éjecter du pouvoir ».

Ben Halima a tenu à préciser que « L’audition de Ghannouchi ne pourra avoir qu’une valeur d’exemple, pour permettre de désamorcer le blocage de l’appareil judiciaire, ce qui pourrait, à  plus long terme, permettre d’aborder les vrais dossiers comme ceux des assassinats politiques et de l’envoi des djihadistes à l’étranger ».

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