Tunisie – En l’absence de partenaire qui soit prêt à brûler à son contact, Ennahdha va-t-elle jeter son dévolu sur Kaïs Saïed ?

La plupart des partis politiques ont appris la leçon, depuis 2011. La leçon qui dit que toute formation politique qui a composé, de près ou de loin, avec les islamistes d’Ennahdha, se brûle à son contact et son sort est scellé, puisque ce sera soit l’implosion soit la disparition, tout simplement. Comme cela a été le cas du CPR, d’Ettakattol, de Nidaa Tounes et la liste est longue…

Du coup, contrairement à ce que veulent prétendre ses leaders, Ennahdha est en train de rencontrer des difficultés insurmontables pour former des alliances et parvenir à faire passer un gouvernement qu’elle dirigera.

Par ailleurs, contrairement à ce que prétendent ses leaders, Ennahdha n’a pas l’intention de changer son habitude de gouverner derrière la  vitrine de quelqu’un d’autre. Il lui faut bien quelqu’un pour payer les pots qu’elle aura cassés. Et puis, la période à venir s’annonce très difficile. D’abord parce que la solution des problèmes économiques et sociaux n’est pas dans ses cordes. Ensuite, à cause de la conjoncture internationale qui s’annonce difficile, avec, notamment, le devoir de récupérer ses guerriers envoyés au Jihad, il y a quelques années en croisade.

Donc, effectivement, il semble bien qu’Ennahdha ne pourra pas se hasarder à gouverner toute seule et à assumer ce qui va se passer. Mais comme il y a peu de monde sur le perron de son temple à Montplaisir, pour ne pas dire, personne, comment va faire Ennahdha et derrière qui va-t-elle se cacher pour qu’il accomplisse ce qu’ « on » lui demande d’accomplir ?

Pourquoi pas le nouveau président Kaïs Saïed ? Pourquoi pas lui, qui semble à leurs yeux assez éloigné des basses combines des coulisses du pouvoir et qui est sincèrement rempli de bonne volonté pour prendre en main les problèmes du peuple qui lui a donné sa confiance ?

C’est d’ailleurs, peut-être dans ce sens, qu’ils commencent à sortir, çà et là, des termes tels que « le gouvernement du président », ou le président omnipuissant, de par le taux obtenu aux élections qui lui donnerait, comme ils se plaisent à le dire, le droit de gouverner ou, au moins, de collaborer à la gestion de l’Etat.

Néanmoins, ce que les manipulateurs d’Ennahdha semblent oublier, c’est qu’ils sont en face d’un universitaire, bien instruit et spécialisé en droit constitutionnel. Quelqu’un à qui il sera difficile de faire avaler des couleuvres. C’est un homme très à cheval sur les termes de la Constitution et surtout, en ce qui concerne les prérogatives de chacun.

Ainsi, en principe, il sera difficile pour eux d’impliquer le président dans leurs combines, pour ensuite lui faire endosser la responsabilité de leur échec. Car à ce jeu, il les a devancés et a promis aux tunisiens de faire son travail demandant aux autres d’en faire de même et que s’ils refusaient ou rechignaient, il allait les mettre devant leur responsabilité face à l’opinion publique en entier.

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