Tunisie – Enseignement supérieur : Quand Youssef Chahed se résoudra-t-il à arrêter l’hémorragie ?

La situation de l’enseignement supérieur est devenue plus qu’alarmante. Elle a, et de loin, dépassé toutes les lignes rouges. Les étudiants se dirigent inéluctablement vers une année universitaire blanche. Les enseignants universitaires sont en train de plier bagages et de quitter le pays par dizaines. Les facultés en sont venues à manquer d’enseignants et d’encadreurs…

Et dans tout çà, que fait le ministre de l’enseignement supérieur ? Rien du tout, sinon ajouter de l’huile sur le feu.

Slim Khalbous, puisque c’est de lui qu’il s’agit a réussi l’exploit de se mettre sur le dos, aussi bien les enseignants que les étudiants. Il eu, droit, aujourd’hui à un véhément « dégage » lors d’une visite à la faculté du 9 avril.

Les enseignants désespèrent de faire revenir le ministre à de meilleurs sentiments. Ils n’ont, pratiquement, passé aucun examen à leurs étudiants, durant cette année qui est sur le point de s’achever.

Les étudiants désespèrent de cette situation et ont commencé à prendre d’assaut les rectorats des universités dans les différentes régions du pays, réclamant leur droit à l’enseignement, et se déclarant solidaires de leurs enseignants dans leurs revendications.

Et, en face de tout cela, le ministre se fait inscrire aux abonnés absents. Et personne n’arrive à comprendre sa façon de raisonner. Personne ne comprend pourquoi, il est en train de scier la branche sur laquelle il est assis.

Il faut, cependant, concéder que Khalbous ne fait pas que des mécontents. Tous les dégâts qu’il est en train d’occasionner à l’université tunisienne, à la réputation bâtie durant des décennies, sont en train de faire, quelque part, des heureux.

En effet ce qu’est en train de faire Slim Khalbous fait jouir les propriétaires et enseignants des universités privées. C’est à se demander si le ministre ne serait pas en train de travailler à sens unique dans leur intérêt ?

Car le résultat est là : Il n’y a pas d’études ni d’examens, ni, même, des enseignants dans les universités publiques. Alors qu’en face, les plus nantis, inscrivent leurs enfants dans les universités privées, assurés qu’ils sont d’obtenir, d’une façon ou d’une autre leur diplôme, du moment qu’ils payent. Et du coup, ils seront les seuls à obtenir des diplômes, faute de lauréats des universités publiques, et par conséquent, les seuls à postuler pour les postes qui leur seront dédiés.

D’ailleurs certains hommes politiques ont compris les règles du jeu, pour ne pas dire qu’ils en sont à l’origine, et ils ont investi dans les études de leurs enfants dans les universités privées, du moment qu’ils pouvaient se permettre d’allonger les coûts de la scolarité, grâce à certains dédommagements. Çà nous rappelle, d’ailleurs, le problème soulevé il y a quelques années par les étudiants des écoles d’ingénieurs, qui se plaignaient d’une concurrence déloyale des lauréats des universités privées, qui ont décroché leur bac au rachat et qui ont pu payer pour obtenir leur diplôme universitaire.

Devant cet état de choses, et comme il serait exclu que l’on s’attende à une démission de la part de ce ministre pyromane, il serait intéressant de savoir ce qu’attend le chef du gouvernement pour mettre un terme à cette hémorragie ? Il pourrait, rien qu’en signant une note, éjecter ce ministre incapable de gérer son département. Surtout qu’il s’agit d’un soi-disant technocrate, et que le chef du gouvernement ne risque pas de rencontrer des réticences de la part d’un quelconque parti politique en le remerciant.

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