Tunisie – Ghannouchi envisage la stratégie Poutine / Medvedev pour se maintenir aux commandes d’Ennahdha

Acculé par la vague de plus en plus grandissante de ses opposants au sein, même de son parti, Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha, est obligé, pour se maintenir à la barre du parti, de s’escrimer et de ruser. Il aurait, finalement, opté pour la stratégie désormais célèbre de Poutine / Medvedev.

En effet, et devant la réticence du Cheikh à lancer la préparation du onzième congrès du parti, qui était prévu pour le mois de mai courant, ses opposants « intrinsèques » menés par le trio Makki, Dilou et Laârayedh, ont entrepris de l’y obliger en manifestant leur désapprobation et en jouant à lui couper l’herbes sous les pieds, en lui dérobant ses partisans, notamment, les anciens prisonniers nahdhaouis, en leur promettant de reprendre le processus de la justice transitionnelle pour les dédommager.

Assuré qu’il ne va pas pouvoir reculer indéfiniment, l’échéance, Ghannouchi a commencé à organiser sa résistance en échaudant un plan, pour le moins qu’on puisse dire, machiavélique.

Il a commencé par dissoudre le bureau exécutif du parti, pour affaiblir les éléments qui ne lui sont pas fidèles, tout en ayant écarté les noms qui ne lui étaient pas suffisamment loyales, comme Ben Salem. Par la suite, il va passer aux autres étapes du plan qui prévoient l’adoption de la stratégie Poutine / Medvedev, qui a caractérisé les années passées en Russie, et qui a consisté en un ballet entre les deux hommes qui ont échangé leurs fauteuils de président de la République et de premier ministre. Ce qui a permis à Poutine de contourner l’obligation pour le président de ne pas rempiler plus de deux mandats successifs. Ce qui est, présentement, le cas pour Rached Ghannouchi, à la présidence d’Ennahdha. Il aurait, donc, chargé son gendre préféré, Rafik Bouchleka, de concocter ce plan, et mobiliser ses troupes pour le faire aboutir.

Selon ce plan, Ghannouchi et Harouni vont échanger de fauteuils, momentanément. Ce dernier prenant la présidence du parti, et le Cheikh, celle du conseil de la Choura. Ce qui permettrait, à Ghannouchi de maintenir son statut dans la hiérarchie du parti, en attendant le congrès d’après, où il pourra, en toute quiétude, postuler de nouveau à la présidence de « SON » parti.

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