Tunisie – Le discours mi-figue mi-raisin de Béji Caïed Essebsi

Le président de la République a tenu ce mercredi, au palais de Carthage, un discours que d’aucuns n’ont pas pu comprendre. Ils n’ont pas pu saisir où voulait en venir le président, notamment, en ce qui concerne, une éventuelle « réconciliation » avec Youssef Chahed.

En effet, après sa coutumière introduction relevant plus du cours d’histoire et de l’exercice de mémoire, BCE s’est lancé dans une triste revue de la situation du pays. Il a mis l’accent sur deux éléments essentiels.

Premièrement il s’est intéressé, de façon particulière aux chiffres qui sont tous au rouge, en ce qui concerne les finances et l’endettement du pays.

Ensuite, il a tenu à opérer des comparaisons de ces indicateurs entre 2010 et 2018, laissant croire qu’il remettait en question les résultats, voire même, le bien fondé de la révolution qui a conduit à cette situation désastreuse. Mais le plus important, c’est qu’il a, dans ces comparaisons, tenu à citer les chiffres de 2016. Une sorte de mise en exergue les résultats propres des gouvernements de Youssef Chahed. Les chiffres qu’il a donné ont été plus que parlants, montrant une aggravation sans précédant des finances du pays, depuis la prise de fonction de Youssef Chahed, à la tête du gouvernement.

Aors que tout le monde s’attendait à ce qu’il s’adonne au plaisir de « charcuter » Youssef Chahed et son équipe qui étaient en face de lui dans la salle, ne voilà-t-il pas que BCE, opère un virage de 180 degrés et se met carrément, à courtiser Youssef Chahed, en plein public, souhaitant carrément son retour au bercail, c’est-à-dire à la maison Nidaa Tounes. Mais futé comme il est, BCE n’a pas voulu qu’on comprenne son clin d’œil à Youssef Chahed comme un aveu de faiblesse ou de défaite, c’est pour cela qu’il a expliqué cet appel du pied, par la nécessité absolue pour la Tunisie, en tant que seule et unique solution, de revenir à la case de l’union nationale, autour d’un projet de sauvetage. Une union qui ne doit exclure personne, selon ses propres termes.

En fin de compte, BCE a-t-il voulu humilier Chahed, ce 20 mars en énumérant ses « prouesses », ou a-t-il voulu lui lancer un clin d’œil pour lui signifier qu’il était toujours le bienvenu à Nidaa Tounes ?

Il faudrait s’appeler Béji Caïed Essebsi pour comprendre ce qui se passe dans la tête de Béji Caïed Essebsi !

 

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